Auteur

Antoine Blondin

Le haut du pavé se retrouve toujours sur les pavés du haut.
Ce qui est troublant, chez Jean Cocteau, c'est qu'il faille le prendre au sérieux. On a tôt fait de déceler le déséquilibré quand il est précisément un équilibriste.
Toutes les femmes sont fatales; on commence par leur devoir la vie, elles finissent par causer notre perte.
Nous n'adhérons à nos lectures que pour autant qu'elles suscitent en nous ce petit choc à quoi l'on reconnaît une grande vérité humaine.
Il est toujours grandiose et significatif d'atteindre, au jour prescrit, l'objectif qu'on s'était fixé. Champion olympique avec préméditation, ça ira bien chercher dans les dix ans de frisson ferme.
Il n'existe guère que deux arts de vivre: l'un consiste à se mettre à la place des autres, l'autre à la leur prendre.
Quand on meurt de faim, il se trouve toujours un ami pour vous offrir à boire.
Depuis trente ans, je cache ma renommée dans les bars à vins.
Je n'ai jamais osé être de gauche quand j'étais jeune de peur de devenir de droite en vieillissant.
Quand vous parliez avec lui, il semblait être absent. En fait, il était plongé dans vos pensées.
Soldat inconnu, connais pas... Comme si vous me parliez peau rouge. Et encore, les Peaux-Rouges, ils ont le bon esprit, quand c'est fini, d'enterrer la hache de guerre. Nous, c'est le guerrier qu'on enterre, mais le matériel, on le conserve.
A une certaine époque, la France commença à perdre ses colonies et beaucoup de l'empire qu'elle aurait dû conserver sur elle même.
Dans cet univers plein de bruit et de fureur, c'est le bruit des uns qui provoque la fureur des autres.
Je ne supporte pas d'entendre le bruit d'une porte ou d'un coeur qui se ferme.
Passé huit heures du soir, les héros de roman ne courent pas les rues dans le quartier des Invalides.
Tout se confond dans une vie qui trouve son unité du côté d'une passion.
Le champion, élément fabuleux dans le paysage moderne, est un héros qui ne parvient pas à devenir un personnage.
Il respire comme il ment: très mal.
Méfiez-vous fillettes, il n'est jamais trottoir pour bien faire.
Je me gardai d'indiquer mon adresse, craignant les antennes de ma mère et qu'elle ne poussât le zèle jusqu'à s'informer de cet hôtel ...
Fou la paix, coupa Dieulefils en ressuscitant sur son séant par la vertu des effluves d'anis, d'amers et de bitters qui flottaient dans la pièce.
Les années qui s'envolaient me revenaient dans le creux de la main comme des boomrangs.
Des grappes humaines se collaient en essaims bourdonneurs à l'arrière-train des autobus.
Monsieur Jadis rentrait chez lui par le chemin qui lui convenait le mieux: celui des écoliers.
Il s'émerveillait de comprendre du premier coup les inscriptions sur les boutiques, de pouvoir dépenser sans compter (avec le change).

Œuvres de Antoine Blondin

A propos de Marcel Aymé.Certificats d'étudesDans Le Monde, 12 octobre 1968.L'Europe buissonnière (1961)L'Humeur vagabonde (1955)Le Flâneur de la rive gauche (1988)Les Enfants du bon Dieu (1952)Ma vie entre des lignesMes petits papiers (2006)Monsieur Jadis ou l'Ecole du soir (1970)Préface à Alors Chapatte, raconte (1975).Quat'saisons (1975)Un malin plaisirUn malin plaisir (1993)Un singe en hiver (1959)