Auteur

André Maurois

C'est délicieux quand deux silences ayant cheminé parallèlement dans l'ombre, soudain les deux esprits reparaissent côte à côte, avec la même phrase.
Vous aimez votre femme ? Mais qui donc a dit qu'il est plus facile de mourir pour la femme qu'on aime que de vivre avec elle ?
Il ne suffit pas d'avoir de l'esprit. Il faut en avoir encore assez pour s'abstenir d'en avoir trop.
L'homme marié est une allumette qui ne s'allume que sur sa boîte.
La sincérité est de verre; la discrétion est de diamant.
Le bonheur n'est jamais immobile; le bonheur c'est le répit dans l'inquiétude.
Le mélange de l'admiration et de la pitié est une des plus sûres recettes de l'affection.
On n'aime pas une femme pour ce qu'elle dit; on aime ce qu'elle dit parce qu'on l'aime.
Qui veut changer trouvera toujours une bonne raison pour changer.
Quiconque n'est pas révolutionnaire à seize ans, n'a plus à trente ans assez d'énergie pour faire un capitaine de pompiers.
Un mariage heureux est une longue conversation qui semble toujours trop brève.
La mort ne peut être imaginée, puisqu'elle est absence d'images. Elle ne peut être pensée puisqu'elle est absence de pensée. Il faut donc vivre comme si nous étions éternels.
On ne fait pas de grandes choses sans être une brute.
Il est injuste et absurde de rendre les êtres comptables de leurs promesses.
Nos destinées et nos volontés jouent presque toujours à contretemps.
Ce que les hommes vous pardonnent le moins, c'est le mal qu'ils ont dit de vous.
La certitude d'être aimé donne beaucoup de grâce à un esprit timide en lui rendant le naturel.
Dans toute bataille, dans toute affaire, il existe une occasion, parfois très fugitive, d'être vainqueur.
Il y a dans tous les succès humains une part mal définie de bonheur.
Le bonheur est une fleur qu'il ne faut pas cueillir.
Les amours et les haines des peuples sont fondées, non sur des jugements, mais sur des souvenirs, des craintes et des fantômes.
Il n'y a qu'un cynique qui puisse être idéaliste sans danger pour ses contemporains.
Un mari glorieux ne fait pas nécessairement un mari aimable.
Je crois apercevoir dans la nature les traces d'un ordre, d'un plan, et si vous voulez le reflet du divin... Mais le plan lui-même me paraît inintelligible pour un esprit humain...
- En d'autres termes, vous croyez à une immortalité de l'âme universelle, mais non à la survie de l'individu ?... - - Vous avez un goût très français des idées, mon ami...

Œuvres de André Maurois

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