Les plus importantes découvertes scientifiques sont le résultat de la patiente observation de petits faits subsidiaires, si particuliers, si menus, inclinant si imperceptiblement les balances - que l'on ne consentait pas jusqu'alors à en tenir compte.
On parle sans cesse de la brusque cristallisation de l'amour. La lente décristallisation, dont je n'entends jamais parler, est un phénomène psychologique qui m'intéresse bien davantage.
D'abord, il ne faut dédaigner personne. Il ne faut jamais rien dédaigner. Les petites gens, les petits profits, les petites choses...
C'est toujours une erreur de dédaigner ce qui peut encore servir.
Oh! parbleu, je reconnais bien les défauts de Zola; mais, tout comme ceux de Balzac ou de tant d'autres, ils sont inséparables de ses qualités.
Chaque matin, l'arrogance du géant est plus grande, son défi plus moqueur et l'insulte qu'il y mêle outrageante.
Il est des jours où l'on se sent particulièrement loin de compte; en retard; en dette; en déficit.
La déflagration a fait sauter une porte-fenêtre de la chambre où je dormais, et défoncé une grande et épaisse glace du salon.
J'avais peur, si je le couvais plus longtemps, de voir le sujet foisonner, se déformer.
Quelques plongeons dans la solitude me sont aussi indispensables, chaque jour, que le sommeil des nuits. Je m'y défripe.
Une sorte de poésie se dégageait de tout son être.
Vous commencez à vous dégarnir, mon ami. Faites attention: vous n'avez que trente ans à peine. La calvitie vous ira très mal!
Ma mère l'irritait beaucoup par les constants efforts qu'elle faisait pour le dégeler.
Je le revois si bien! un peu dégingandé, comme un enfant grandi trop vite, flexible, délicat.
Mes plus belles vertus se dégradent et même l'expression de mon désespoir est émoussée.
Nous examinons longuement des entonnoirs de fourmis-lions, où nous faisons dégringoler de petites fourmis en pâture.
L'ordre a été reçu tout à coup, fort opinément, de déguerpir; de partir sans rien emporter que le plus strict nécessaire.
Dès que j'eus cette fête en perspective, l'idée de devoir me déguiser me mit la tête à l'envers.
J'en étais à ce point excédé que je ne sais plus trop si mon exaspération n'avait pas à la fin délabré tout l'amour que j'avais pour elle.
J'aime ce paysage où les délavures de la terre coulent à travers l'herbe des tons ocreux.
Nous avions souffert tout le jour du soleil, et la fraîcheur du soir nous était délectable.
Toute sensibilité très vive peut, suivant que l'organisme est robuste ou débile, devenir, je le crois, cause de délice ou de gêne.
Je ne sais quoi de positif dans leurs propos, de déluré dans leur allure, me rencognait dans ma timidité, qui s'était entre-temps beaucoup accrue.
C'est une arête étroite, sur laquelle mon esprit se promène. Cette ligne de démarcation entre l'être et le non-être, je m'applique à la tracer partout.
Des traces de lion, toutes fraîches; on voit que le fauve s'est couché là; ces demi-cercles ont été tracés par sa queue.
Œuvres de André Gide
Ainsi soit-ilAinsi soit-il (1952)Ainsi soit-il (Dernières lignes écrites par Gide)Ainsi soit-il ou Les Jeux sont faits (1952)AjaxAttendu que...Caractères (1925)Carnets d'EgypteConférence prononcée à Beyrouth en 1946Correspondance avec Francis JammesCorrespondance, Gide - Martin du GardCorrespondance, à André Rouveyre, 31 octobre 1924Correspondance, à François Mauriac.CorydonCorydon (1920)Corydon (1920), PréfaceDe l'influence en littérature (1900)DiversDivers (1931), CaractèresDivers (1931), Un esprit non prévenu