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Alexis de Tocqueville

Ce sort presque inévitable qui finit d'ordinaire par confire un attaché dans la sottise.
L'homme suivant Buffon et Flourens, est donc d'une seule espèce et les variétés humaines sont produites par trois causes secondaires et extérieures: le climat, la nourriture et la manière de vivre.
Les nations de nos jours ne sauraient faire que dans leur sein les conditions ne soient pas égales; mais il dépend d'elles que l'égalité les conduise à la servitude ou à la liberté, aux lumières ou à la barbarie, à la prospérité ou aux misères.
En forçant les hommes à s'occuper d'autre chose que de leurs propres affaires, il combat l'égoïsme individuel, qui est comme la rouille des sociétés.
Ce qui met en danger la société, ce n'est pas la grande corruption de quelques-uns, c'est le relâchement de tous. Aux yeux du législateur, la prostitution est bien moins à redouter que la galanterie.
Il existe une loi générale qui a été faite ou du moins adoptée, non pas seulement par la majorité de tel ou tel peuple, mais par la majorité de tous les hommes. Cette loi, c'est la justice. La justice forme donc la borne du droit de chaque peuple.
Chez les peuples démocratiques, ce sont les simples soldats qui restent les plus citoyens; c'est sur eux que les habitudes nationales gardent le plus de prise et l'opinion publique le plus de pouvoir.
Les despotes eux-mêmes ne nient pas que la liberté ne soit excellente; seulement ils ne la veulent que pour eux mêmes, et ils outiennent que tous les autres en sont indignes tout à fait.
La démocratie détend les liens sociaux, mais elle resserre les liens naturels. Elle rapproche les parents dans le même temps qu'elle sépare les citoyens.
Ce n'est ni la situation, ni la grandeur, ni la richesse des capitales qui causent leur prépondérance politique sur le reste de l'empire, mais la nature du gouvernement.
Ils veulent l'égalité dans la liberté et, s'ils ne peuvent l'obtenir, ils la veulent encore dans l'esclavage.
Les progrès de la civilisation n'exposent pas seulement les hommes à beaucoup de misères nouvelles, ils portent encore la société à soulager des misères auxquelles, dans un état à demi policé, on ne songerait pas.
La plupart estiment que le gouvernement agit mal ; mais tous pensent que le gouvernement doit sans cesse agir et mettre à tout la main.
Je crois qu'il y a des résistances honnêtes et des rébellions légitimes.
L'idée des droits n'est autre chose que l'idée de la vertu introduite dans le monde politique.
Il n'y a pas de si grand philosophe dans le monde qui ne croie un million de choses sur la foi d'autrui, et qui ne suppose beaucoup plus de vérités qu'il n'en établit.
Le premier caractère de la puissance judiciaire, chez tous les peuples, est de servir d'arbitre. Pour qu'il y ait lieu à action de la part des tribunaux, il faut qu'il y ait contestation. Pour qu'il y ait juge, il faut qu'il y ait procès.
On ne réussit à rien, surtout dans la jeunesse, si on n'a pas un peu le diable au corps.
L'égalité donne naturellement aux hommes le goût des institutions libres.
Il n'est pas de grands hommes sans vertu sans respect des droits il n'y a pas de grand peuple : on peut presque dire qu'il n'y a pas de société car qu'est-ce qu'une réunion d'êtres rationnels et intelligents dont la force est le seul lien ?

Œuvres de Alexis de Tocqueville

CorrespondanceCorrespondance avec GobineauCorrespondance, à G. de Beaumont, 22 mars 1857De la démocratie en Amérique (1835-1840)De la démocratie en Amérique (1835-1840), IDe la démocratie en Amérique (1835-1840), IIL'Ancien Régime et la RévolutionL'Ancien Régime et la Révolution (1856)L'Ancien Régime et la Révolution (1856), II, 7L'Ancien Régime et la Révolution (1856), IIILa Démocratie en Amérique (1835)Lettre, à Alexis Stoffels, 4 janvier 1856Mémoire sur le paupérisme (1835), ISouvenirs