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Alexis de Tocqueville

En politique, la communauté des haines fait presque toujours le fond des amitiés.
Il faut se défier de la gaieté que montre souvent le Français dans ses plus grands maux; elle prouve seulement que, croyant sa mauvaise fortune inévitable, il cherche à s'en distraire en n'y pensant point, et non qu'il ne la sent pas.
Il faut une science politique nouvelle à un monde tout nouveau.
Il ne faut pas mépriser l'homme, si l'on veut obtenir des autres et de soi de grands efforts.
Il y a aujourd'hui sur la terre deux grands peuples qui, partis de points différents, semblent s'avancer vers le même but: ce sont les Russes et les Anglo-Américains.
Ils (les Français) veulent l'égalité dans la liberté et, s'ils ne peuvent l'obtenir, ils la veulent encore dans l'esclavage.
L'histoire est une galerie de tableaux où il y a peu d'originaux et beaucoup de copies.
Le plus redoutable de tous les maux qui menacent l'avenir des Etats-Unis naît de la présence des Noirs sur leur sol.
Les grandes révolutions qui réussissent, faisant disparaître les causes qui les avaient produites, deviennent ainsi incompréhensibles par leurs succès mêmes.
Les grands hommes se passionnent pour les petites choses, quand les grandes viennent à leur manquer.
Les peuples démocratiques haïssent souvent les dépositaires du pouvoir central; mais ils aiment toujours ce pouvoir lui-même.
Qui cherche dans la liberté autre chose qu'elle-même est fait pour servir.
L'individualisme est une expression récente qu'une idée nouvelle a fait naître. Nos pères ne connaissaient que l'égoïsme.
La première et la plus vive des passions que l'égalité des conditions fait naître, ... c'est l'amour de cette même égalité.
Admirable position du nouveau monde, qui fait que l'homme n'y a encore d'ennemis que lui-même! Pour être heureux et libre, il lui suffit de le vouloir.
Si quelqu'un me montrait entre l'indépendance complète et l'asservissement entier de la pensée une position intermédiaire où je puisse espérer me tenir, je m'y établirais peut-être; mais qui découvrira cette position intermédiaire.
Pourvu que le législateur se charge lui-même d'enlever aux hommes leur indépendance, ils sont à peu près contents.
L'esclave est un serviteur qui ne discute point et se soumet à tout sans murmurer. Quelquefois il assassine son maître mais il ne lui résiste jamais.
L'on ne me fera point croire qu'un gouvernement libéral, énergique et sage, puisse jamais sortir des suffrages d'un peuple de serviteurs.
Pourquoi la règle qui est applicable à un homme ne le serait-elle pas également à tous les autres?
Ce que le vulgaire appelle du temps perdu est bien souvent du temps gagné.
Le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d'ordinaire celui où il commence à se réformer.
C'est pour unir les avantages divers qui résultent de la grandeur et de la petitesse des nations que le système fédératif a été créé.
La culture de la terre promet à ses efforts des résultats presque certains, mais lents. On ne s'y enrichit que peu à peu avec peine. L'agriculture ne convient qu'à des riches qui ont déjà un grand superflu, ou à des pauvres qui ne demandent qu'à vivre.
Les hommes de notre temps s'aperçoivent que les anciens pouvoirs s'écroulent de toutes parts; ils voient toutes les anciennes influences qui meurent, toutes les anciennes barrières qui tombent; ...

Œuvres de Alexis de Tocqueville

CorrespondanceCorrespondance avec GobineauCorrespondance, à G. de Beaumont, 22 mars 1857De la démocratie en Amérique (1835-1840)De la démocratie en Amérique (1835-1840), IDe la démocratie en Amérique (1835-1840), IIL'Ancien Régime et la RévolutionL'Ancien Régime et la Révolution (1856)L'Ancien Régime et la Révolution (1856), II, 7L'Ancien Régime et la Révolution (1856), IIILa Démocratie en Amérique (1835)Lettre, à Alexis Stoffels, 4 janvier 1856Mémoire sur le paupérisme (1835), ISouvenirs