Auteur

Alexandre Jardin

La criminalité de masse reste par définition le fait d'hommes éminemment moraux. Pour tuer beaucoup et discriminer sans remords, il faut une éthique.
Si toutes les catastrophes permettaient à un amour fou de naître, alors je raffolerais les décombres! La vie n'a pas le droit d'être décevante.
La beauté d'une femme n'est pas d'apparence mais bien dans l'intensité d'optimisme qu'elle met à exister. Qu'est-ce qu'un sein parfait au regard d'un fou rire? Un beau cul n'est rien comparé à l'attrait d'une nature vorace.
Le sublime il est vrai présente l'inconvénient d'être peu crédible.
Sans invention, l'amour ne tient aucune de ses promesses.
Si les femmes aspirent volontiers à être aimées comme dans les livres, elles ne veulent en aucun cas que les sentiments soient du roman.
Au fond, la satiété tue ce qu'il y a de jeunesse en nous. Et si le bonheur aigu c'était ça? Ne plus jamais dire non à sa curiosité aux aguets. Faire la guerre aux négations du siècle et sonner la charge contre les désagréments du réalisme.
On ne peut aimer les siens et s'en faire aimer qu'en vérité; le reste n'est qu'habillage et amour friable.
Il y a toujours une part de délation dans une vérité qui s'exprime.
Le hasard est un artiste.
Il n'y a pas d'autre mort que que l'absence d'amour.
Avant de mourir, nous avons le droit de snifer notre part de sublime ! Bien que blessé par quelques déroutes sévères, je n'ai toujours pas le talent de rogner mes rêves, de ricaner de l'heureuse candeur et de m'envelopper d'amertume.
Je n'ai plus l'âge d'être sage ; ni celui de temporiser ou de me caler sur des rêves de poche.
La passion dégrade, la tendresse et la confiance généreuse élèvent les coeurs, les civilisent.
Aimons-nous des être réels ou bien l'opinion que nous nous faisons d'eux ?
Elle n'avait jamais compris ces femmes anthropophages qui déglutissent leur mari à longueur d'année, tout en ayant du mal à le digérer.
La grande question qui accaparait les maîtres et les élèves n'était pas comment se faire aimer ? - interrogation qui semblait obnubiler le monde des droitiers -, mais comment aimer ?
Peut-être que murir, justement, c'est accepter de vivre dans l'étau de nos contradictions. Et de trahir jusqu'à ses plus proches pour ne pas se trahir à son tour.
Je sentis alors combien nous habitons nos secrets de famille avant de les voir avec un peu de netteté. Chaque lignage semble posséder sa part d'angles morts. Sans doute sont-ils même le meilleur ciment de nos clans, tout en les détruisant.
Si nous ne sommes pas coupables des actes de nos pères et grands-pères, la révolution nous a légué cette avancée, nous restons responsables de notre regard.
Qu'est-ce que j'y peux moi si ma vérité doit provoquer des désastres ? Si toutes les catastrophes permettaient à un amour fou de naître, alors je rafolerais les décombres ! La vie n'a pas le droit d'être décevante...
Pour lui, aimer c'était aussi, et peut-être surtout, soulager l'autre de ses croyances, du tracas d'exister, lui permettre de s'évader de ses peurs, le soigner de façon indirecte.
Personne sur le plateau de télévision n'eut la grossièreté de lui demander mais au fait, un directeur de cabinet de Pierre Laval, ça faisait quoi exactement de ses journées en 1942 ? Notamment les 16 et 17 juillet ?

Œuvres de Alexandre Jardin

Autobiographie d'un amour (1999)Bille en tête (1986)Chaque femme est un roman (2008)Des gens très bien (2011)Fanfan (1990)Joyeux Noël ! (2012)Joyeux Noël! (2012)Juste une fois (2014)L'île des gauchers (1992)Le Zubial (1997)Le Zèbre (1988)Le petit SauvageLe roman des JardinLe roman des Jardin (2005)Mademoiselle Liberté (2002)Mes trois zèbres (2013)Quinze ans après (2009)