Auteur

Alain Finkielkraut

Fainéhantise: peur obsédante de la paresse.
Tous les goûts sont dans le catalogue.
L'Etat juif est ce personnage mythique qui conjoint les deux rôles de la victime et du héros.
Il n'y avait de bon Juif qu'un Juif invisible.
L'injure est un acte de baptême.
Avec le judaïsme, j'avais reçu le plus beau cadeau dont puisse rêver un enfant de l'après-génocide. J'héritais d'une souffrance que je ne subissais pas.
De quoi les juifs sont-ils coupables? D'Auschwitz...
Broute en train: vache espiègle qui, pour amuser ses compagnes, se fait la tête d'un passager de chemin de fer, l'oeil fixé sur un troupeau.
Oedipeux: individu nourri au sein maternel jusqu'à l'âge de sa majorité, et qui garde de ce régime une saine corpulence et un visage joufflu.
Garçonnière: pied-à-terre bleu ou rose que certains privilégiés possèdent au coeur des grandes villes pour redevenir... de tout petits garçons.
On ne peut plus dire aujourd'hui «Mort aux juifs», parce que cette mort a eu lieu.
Tous les voyages aujourd'hui sont polémiques, et se déplacer c'est avant tout se démarquer.
Le campeur, ce véritable anti-héros de notre temps.
Starilité: défaut d'inspiration qui frappe les créateurs quand ils deviennent très connu.
Délicaresse: étreinte très douce.
Il existe, dans de nombreuses langues, un mot qui désigne à la fois l'acte de donner et celui de prendre, la charité et l'avidité, la bienfaisance et la convoitise - c'est le mot: amour.
Même disponible, même à portée de caresse, le visage aimé manque, et ce manque est la merveille de l'altérité.
L'amour fait de vous l'otage d'un absent que vous ne pouvez ni fixer, ni esquiver, ni éconduire. Cette emprise est le désespoir de l'amoureux, et son trésor le plus cher.
L'homme, ce vivant à brève échéance, ce perpétuel mourant, entreprend l'infini.
L'amour n'est pas aveugle, l'amour est myope: il ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
Internet est le rendez-vous des chercheurs, mais c'est aussi celui de tous les cinglés, de tous les voyeurs et de tous les ragots de la terre.
Il n'y a plus de choses dans l'univers d'Internet, il n'y a plus que des informations et des images. Vivre parmi les non-choses: tel est le sort commun.
Internet dématérialise le monde et fait le vide.
Avec la télévision, il n'y a plus qu'un flux permanent, un ruissellement ininterrompu, tout coule et rien ne reste. L'oeil ne contemple plus, il avale.
Dans société de consommation, le mot de consommation doit être pris au sens littéral: on mange le monde. Contre la vie dévorante, il faut donc, au risque d'être appelé conservateur, défendre le monde.

Œuvres de Alain Finkielkraut

Au coin de la rue, l'aventure (1979)Au coin de la rue, l'aventure (1979) (en collaboration avec Pascal Bruckner)Cours dispensé aux étudiants de l'Ecole Polytechnique, automne 2011.Dans Le Figaro, 15 novembre 2005.Et si l'amour durait (2011)Interview dans Libération, 5 janvier 2000L'Avenir d'une négation (1982)La Défaite de la pensée (1987)La Sagesse de l'amour (1984)Le Juif imaginaire (1980)Le Petit Fictionnaire illustré (1981)Magazine Lire, 2 février 1999, à la parution de son livre L'Ingratitude.Nous autres, modernes: Quatre leçons (2005)