Aujourd'hui, je suis différent d'hier physiquement. Mais je ne veux pas refaire du cinéma pour faire du cinéma. Je ne veux pas faire le combat de trop, comme disent les boxeurs, que je connais bien.
Pour l'orgueil ou le pognon. Je n'ai pas envie de ça. Quand vous avez été champion du monde, vous devez éviter le combat ou le film de trop. Je ne le ferai pas.
Je suis très heureux sur scène, pratiquement plus que sur un plateau de cinéma.
Un comédien c'est une vocation, un métier qui s'apprend, c'est un choix de vie. Un acteur c'est une personnalité, forte en général, prise et mise au service du cinéma par un concours de circonstances.
Il y a longtemps que je n'ai pas autant chialé.
Je suis tout et je suis rien. Je suis ce qu'on a fait de moi. J'accepte ce prix, cette palme, longtemps refusée, car j'aurais voulu qu'on la donne à mes metteurs en scène. J'ai été le premier violon ou piano et j'ai eu des chefs d'orchestre exceptionnels. C'est à eux qu'il faut donner le prix. Ils sont tous morts, alors, je prends le prix pour eux, en leur mémoire, en l'honneur de leur force, de leur talent. C'est pour ça que je suis là, sinon je n'y serais pas.
Si je n'avais pas rencontré les femmes que j'ai rencontrées, je serais mort. Les femmes m'ont aimé, elles ont voulu que je fasse ce métier et ce sont elles qui se sont battues pour que je le fasse. Sans elles, je ne serais pas là aujourd'hui.
Je n'ai jamais joué de ma vie, je vis mes rôles. Ce n'était pas drôle pour les femmes qui ont partagé ma vie, car, un jour, j'étais flic, le lendemain, curé. La caméra est pour moi comme une femme que je regarde dans les yeux.
Tout ce que j'ai fait au cinéma, je l'ai vécu.
Œuvres de Alain Delon