A mesure que les années, passent, chaque quartier, chaque rue d'une ville, évoque un souvenir, une rencontre, un chagrin, un moment de bonheur.

À lire aussi de Patrick Modiano

Le prix Goncourt, pour moi, c'est un peu comme l'élection de Miss France. Sans avenir. C'est étonnant, mais le prix n'influe absolument pas sur la carrière d'un écrivain. Peut-être parce qu'il couronne plutôt un livre isolé, détaché de tout.
Je ne peux pas m'empêcher de penser à elle et de sentir un écho de sa présence dans certains quartiers.
Ce qui nous rend la disparition d'un être plus sensible, ce sont les mots de passe existant entre lui et nous, et qui soudain deviennent inutiles et vides.
Les ordonnances allemandes, les lois de Vichy, les articles de journaux ne leur accordaient qu'un statut de pestiférés et de droit commun, alors il était légitime qu'ils se conduisent comme des hors-la-loi afin de survivre. C'est leur honneur. Et je les aime pour ça.
Vous avez pensé à nos projets? Encore une fois, je vous laisse carte blanche. Vous écrivez ce que vous voulez.
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Dans la même œuvre

Les réseaux sociaux entament la part d'intimité et de secret qui était encore notre bien jusqu'à une époque récente - le secret qui donnait de la profondeur aux personnes et pouvait être un grand thème romanesque.
Je suis persuadé que les écrivains du futur assureront la relève comme l'a fait chaque génération depuis Homère car, l'écrivain exprime toujours dans ses oeuvres quelque chose d'intemporel.
C'est sans doute la vocation du romancier, devant cette grande page blanche de l'oubli, de faire ressurgir quelques mots à moitié effacés, comme ces icebergs perdus qui dérivent à la surface de l'océan.
D'être né en 1945, après que des villes furent détruites et que des populations entières eurent disparu, m'a sans doute rendu plus sensible aux thèmes de la mémoire et de l'oubli.
J'ai l'impression qu'aujourd'hui la mémoire est beaucoup moins sûre d'elle-même et qu'elle doit lutter sans cesse contre l'amnésie et contre l'oubli.