A lui seul, le discernement ne résiste pas au temps ; il se transforme et disparaît. La honte, en revanche, est comme une blessure que l'on ne laisse jamais respirer et qui, de ce fait, ne guérit jamais.

À lire aussi de Andreas Eschbach

Il importe davantage de présenter ce que sont ces tapis et ce qu'ils signifient. Ce sont de très grands ouvrages, tissés extrêmement serrés à partir de cheveux humains. Ceux qui les produisent se font appeler des tisseurs de tapis en cheveux. Ils utilisent exclusivement les cheveux de leurs femmes et de leurs filles, et l'ensemble du processus est si extraordinairement complexe qu'un tisseur pour achever un seul tapis, doit y consacrer toute sa vie.
Cette obéissance-là, elle t'est passée dans la chair et dans les os et, si après ta mort on s'avise de te découper en rondelles pour examiner tout ça, c'est sûrement de l'obéissance en cristaux qu'on trouvera à la place de la moelle.
Celui qui a le choix, endosse également une responsabilité.
J'ai atteint ce que je voulais. Pouvoir absolu. Vie éternelle. Tout. Et aujourd'hui je sais que tout cela n'a aucun sens.
Je suis né dans ce monde sans savoir ce qu'on pouvait attendre de la vie. Seul le pouvoir promettait un accomplissement, et j'ai suivi cette voie, assez pour comprendre qu'elle était fausse et ne débouchait sur rien.
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Dans la même œuvre

La fureur et la peur battaient dans sa poitrine, et toutes deux lui donnaient des ailes. Combattre. Cela aussi, c'était combattre. Parfois, combattre, c'était courir, s'enfuir à toutes jambes devant un ennemi trop puissant et tout faire pour lui échapper.
Chaque génération a une dette envers la génération précédente et s'en acquitte auprès de ses propres enfants.
Cette obéissance-là, elle t'est passée dans la chair et dans les os et, si après ta mort on s'avise de te découper en rondelles pour examiner tout ça, c'est sûrement de l'obéissance en cristaux qu'on trouvera à la place de la moelle.
L'art ne devient art, qu'à partir du moment où il touche d'autres personnes.
Noeud après noeud, jour après jour, une vie durant, les mains de l'exécutant répétaient sans cesse les mêmes gestes, nouant et renouant sans cesse les fins cheveux, des cheveux si fins et si ténus que ses doigts finissaient immanquablement par trembler et ses yeux par faiblir de s'être si intensément concentrés – et pourtant, l'avancée de l'ouvrage était à peine perceptible ; une bonne journée de travail avait comme maigre fruit un nouveau fragment de tapis dont la taille approximative n'excédait pas celle d'un ongle.