Un amour imposé n'est jamais durable.

À lire aussi de Bernard Dadié

Ne pense pas que le Parisien qui regarde poétiquement couler la seine en suivant sa ligne, soit quelqu'un de simple. Il est un tissu de contradictions. Euh, n'y a-t-il pas en lui du Wisigoth, du Goth, de l'Alaman, du Franc, et du Parisien? Lorsque vous l'abordez de face, de dos, de gauche ou de droite, c'est l'un ou l'autre de ces aspects que vous rencontrez. Et c'est pourquoi les jugements qu'on émet sur lui sont si contradictoires.
Il faut investir, il faut chercher la rentabilité. Or tu le sais bien, l'esprit ne peut s'investir encore moins produire des dividendes. Il est une flamme et personne n'aime une flamme qui n'est pas à son service, dans son foyer, dans son être.
Or où est la liberté, la tolérance, lorsqu'on voudrait que les hommes pensent de la même façon, prient de la même façon, dansent de la même façon, et plus grave encore, rêvent de la même façon. Heureusement que la diversité demeure et nous permet chaque fois de chercher la longueur d'onde de l'interlocuteur.
Nous avons nos génies ; ils ont ici leur journalistes : et tous nous font trembler parce que nous ne savons jamais ce qu'ils pensent. Une affaire les intéresse-t-elle ? Ils la montent en épingle. Dans le cas contraire ils font autour d'elle la grande conspiration du silence.
Lorsque Dieu créa les hommes, il les mit à cuire dans un four. Dès les premières flammes, le blanc se sauva, puis les autres le suivirent à mesure que la température montait. Seuls nous autres, bravement, pour prouver à Dieu qu'Il venait de créer des hommes, restâmes dans le four jusqu'à ce que Dieu jugeât l'épreuve suffisante.
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Dans la même œuvre

Le soleil a beau luire, tant qu'il luit sur des misères, il ne réchauffe jamais les coeurs.
J'attendais cette phrase que le micro annonce : « les passagers pour Paris »… Les gens nous regardent nous précipiter sur le terrain. Oui, moi aussi je pars pour Paris, Messieurs ! Et cela me classe. Je suis le seul Nègre parmi tant de voyageurs blancs. Je prends place près d'un hublot. Personne ne veut s'asseoir près de moi. Tous les voyageurs passent en regardant le siège vide près du mien. Par affinité, ils vont s'asseoir près des autres passagers, afin qu'il y ait ton sur ton. Et je les comprends, je fais ainsi souvent, mais, ce soit je me rends compte jusqu'à quel point les couleurs divisent les hommes. Un passagers qui a dû prendre son courage à deux mains devient mon voisin. On ne se parle pas. Voisins quand même.
Je suis le seul Nègre parmi tant de voyageurs blancs. Je prends place près d'un hublot. Personne ne veut s'asseoir près de moi. Tous les voyageurs passent en regardant le siège vide près du mien. Par affinité, ils vont s'asseoir près des autres passagers, afin qu'il y ait ton sur ton. Et je les comprends, je fais ainsi souvent, mais, ce soit je me rends compte jusqu'à quel point les couleurs divisent les hommes.
La Parisienne ne nous trompe pas en se fardant. Elle entend tromper le temps ; elle veut l'user, le décourager, le vaincre. Mais y a-t-il au monde un élément plus patient, plus têtu, plus cruellement têtu que le temps ?
Lorsque Dieu créa les hommes, il les mit à cuire dans un four. Dès les premières flammes, le blanc se sauva, puis les autres le suivirent à mesure que la température montait. Seuls nous autres, bravement, pour prouver à Dieu qu'Il venait de créer des hommes, restâmes dans le four jusqu'à ce que Dieu jugeât l'épreuve suffisante. J'ai donc toujours cru que ces hommes blancs avaient un corps froid. Erreur dont il faut revenir. Ils ont le corps chaud, et d'une chaleur douce, égale, délicate. Gardons-nous de juger sur l'apparence, sur la peau.