Tel un acrobate sur un fil, elle a l'impression d'osciller au gré du vent. C'est ainsi, se dit-elle, la vie rapproche parfois les moments les plus sombres et les plus lumineux. Elle prend et donne en même temps.

À lire aussi de Laetitia Colombani

La crise qu'elle traverse est une crise de sens. Il faut sortir de soi, se tourner vers les autres, retrouver une raison de se lever le matin. Se sentir utile à quelque chose ou quelqu'un.
Je dédie mon travail à ces femmes, - \r\nLiées par leurs cheveux, - \r\nComme un grand filet d’âmes.
L'estime de soi, c'est ce qu'il y a de plus difficile à regagner.
L'envie d'y croire. De penser que la vie est devant, toujours devant. Qu'il suffit d'un stylo pour tout changer. D'un peu de poésie pour se réinventer.
La fuite dans le sommeil, elle l'a perdue depuis longtemps. Ses nuits ne lui offrent plus rien qu'un abîme sans fond, des rêves aussi noirs que la fange qu'elle nettoie.
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Dans la même œuvre

Au médecin, elle ne demande pas ses chances, elle refuse de réduire son avenir à une statistique. Certains veulent savoir, elle pas. Elle ne laissera pas les chiffres s'immiscer en elle, dans sa conscience, dans son imaginaire, ils seraient capables de proliférer, comme la tumeur elle-même, de saper son moral, sa confiance, sa guérison.
Sa révolte est silencieuse, inaudible, presque invisible. Mais elle est là.
Ablation, un mot qui rime avec punition, agression, mutilation, amputation, démolition. Guérison, aussi, peut-être.
Un père, ça ne meurt pas, un père c'est éternel, c'est un roc, un pilier, surtout le sien.
Elle reste parfois des nuits entières, les yeux grands ouverts. Les hommes ne sont pas égaux devant le sommeil, pense-t-elle. Les hommes ne sont égaux devant rien.