Te voici dans mon étreinte qui a pour anagramme éternité.

À lire aussi de Amélie Nothomb

Ceux qui croient que lire est une fuite sont à l'opposé de la vérité: lire, c'est être mis en présence du réel dans son état le plus concentré - ce qui, bizarrement, est moins effrayant que d'avoir affaire à ses perpétuelles dilutions.
Admettons que vous soyez d'un naturel aristotélicien. Une hirondelle ne fait pas le printemps.
L'amour concentre la certitude et le doute : on est sûr d'être aimé autant qu'on en doute, non pas tour à tour, mais en une simultanéité déconcertante. Chercher à se débarrasser de ce versant dubitatif en posant mille questions à l'aimée, c'est nier la nature radicalement ambiguë de l'amour.
Il y a la croissance et puis il y a la décrépitude; entre les deux il n'y a rien. L'apogée, ça n'existe pas.
On a déjà tant à aimer quand on ne sait de l'aimée que son prénom.
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Dans la même œuvre

J'ignore ce qu'est la réussite d'une histoire d'amour, mais je sais ceci : il n'y a pas d'échec amoureux. C'est une contradiction dans les termes. Éprouver l'amour est déjà un tel triomphe que l'on pourrait se demander pourquoi l'on veut davantage.
Je hais la haine et pourtant je la ressens. Je connais ce venin qui s'inocule dans le sang en une morsure et qui infecte jusqu'à l'os.
A 15 ans, il y a une ardeur de l'intelligence qu'il importe d'attraper: comme certaines comètes, elle ne repassera plus.
Un jour, je lui avait sorti tout un chapelet d'éloges sur un de ses paragraphes, elle a fermé les yeux. C'est quoi cette réaction? ai-je dit. Je me blottis dans tes mots, a-t-elle répondu.
Tout lecteur devrait recopier les textes qu'il aime: rien de tel pour comprendre en quoi ils sont admirables.