Si on discutait d'un point de droit ou d'une autre partie des humanités dans lesquelles il n'y a ni vérité ni fausseté, on pourrait bien se fier à la subtilité d'esprit, la facilité de parole, l'aisance dans l'écriture, et espérer que quelqu'un, dépassant les précédents, montre et fasse reconnaître la supériorité de son raisonnement. Mais dans les sciences de la nature, les conclusions sont vraies et nécessaires, elles n'ont que faire de la volonté humaine, il faut donc se garder d'y prendre la défense du faux: mille Démosthène, mille Aristote perdraient la partie face à tout esprit moyen qui, par chance, aurait appréhendé la vérité.

À lire aussi de Galilée

Tu ne peux pas tout enseigner à un homme; tu peux seulement l'aider à le trouver en lui.
La nature est écrite en langage mathématique.
Vous ne pouvez rien enseigner à un homme; vous ne pouvez que l'aider à le découvrir en lui-même.
La philosophie est écrite dans cet immense livre qui continuellement reste ouvert devant les yeux (je dis l'Univers), mais on ne peut le comprendre si, d'abord, on ne s'exerce pas à en connaître la langue et les caractères dans lesquels il est écrit. II est écrit dans une langue mathématique, et les caractères en sont les triangles, les cercles, et d'autres figures géométriques, sans lesquelles il est impossible humainement d'en saisir le moindre mot; sans ces moyens, on risque de s'égarer dans un labyrinthe obscur.
Le livre de l'Univers est écrit en langue mathématique.
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Dans la même œuvre

Qui considère les choses d'un point plus élevé, se singularise plus grandement; se tourner vers le grand livre de la nature, qui est proprement l'objet de la philosophie, est le moyen d'élever son regard; bien que tout ce qui se lit dans ce livre soit le mieux proportionné, en tant que fruit du souverain artisan, c'est lorsque se découvre à nos yeux le travail et l'artifice que la lecture en est plus claire et plus digne.
La constitution de l'univers, à ce qu'il me semble, est parmi les choses naturelles perceptibles ce qui se peut placer au premier rang, puisque, en tant que contenant universel, elle dépasse en grandeur tout le reste, et comme règle et soutien de toute chose, elle doit aussi les dépasser en noblesse.
Je dirai que la vérité que nous font connaître les démonstrations mathématiques est celle-là même que connaît la sagesse divine .