Servaz se dit que le jour oû le monde finirait dans un déchainement de catastrophes climatiques, d'effondrements boursiers, de massacres et d'émeutes, il y aurait des types assez cons pour marquer des buts et d'autres encore plus cons pour se rendre au stade et les encourager.

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Les hommes font des promesses, et ils oublient de les tenir.
Un sur deux se penchait sur son téléphone, occupé à pianoter ou à lire ses messages, à mater des vidéos sur Facebook ou sur YouTube, à se connecter à WeChat et à Weibo. D'aucuns s'en servaient pour prendre des photos de la soirée. C'était donc ça, leur vie ? Rien que ça ? Un téléphone ?
Il songea que deux mondes coexistaient sans se mêler, comme l'huile et l'eau: celui de la vie, de l'insouciance , de la jeunesse et de l'espoir ; et celui de la maladie, de la souffrance, du déclin et de la mort. Tout un chacun, tôt ou tard , était amené à connaitre les deux, mais certaines professions - infirmières, pompiers, pompes funèbres, flics ...- passaient chaque jour de l'un à l'autre.
Avec le développement d'Internet, les stalkers – un anglicisme pour désigner les harceleurs névrotiques – pouvaient désormais débusquer leurs cibles hors du cadre familial ou de l'entreprise. Le Web avait démocratisé cette activité-là aussi : on ne s'en prenait plus seulement à des personnalités en vue, comme Madonna ou Jodie Foster ; tout le monde pouvait devenir la cible de tout le monde…
Ces gosses, c'est nous qui les avons faits tels qu'ils sont, s'était-il dit en refermant le livre. Quel avenir ont-ils ? Aucun. Tout va à vau-l'eau. Des salauds s'en mettent plein les poches et paradent à la télé pendant que les parents de ces gamins se font licencier et passent pour des perdants aux yeux de leurs enfants. Pourquoi ne se révoltaient-ils pas ? Pourquoi ne mettaient-ils pas le feu aux boutiques de luxe, aux banques, aux palais du pouvoir plutôt qu'aux autobus ou aux écoles ?
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Dans la même œuvre

Nous changeons. Tous. Irrémédiablement. Une part de nous-mêmes reste identique: le noyau, le coeur pur venu de l'enfance, mais tout autour s'accumulent tant de sédiments. Jusqu'à défigurer l'enfant que nous étions, jusqu'à faire de l'adulte un être si différent et si monstrueux que, si l'on pouvait se dédoubler, l'enfant ne reconnaîtrait pas l'adulte qu'il est devenu - et serait sans doute terrifié à l'idée de devenir cette personne-là.
La liberté comme la santé ne sont vraiment appréciées que lorsqu'on en a été longtemps privé.
On peut pisser sur le peuple s'il croit que c'est de la pluie.
Les yeux bleus vont aux cieux, les yeux gris au paradis, les yeux verts vont en enfer, les yeux noirs au purgatoire.
Et Victor Hugo en devient lumineux : « Ami est quelquefois un mot vide de sens, ennemi jamais » !