Il y a dans toute passion un point de rassasiement qui est effroyable.
Passer de la passion à l'amour est une ordalie.
La musique suscite à son terme pour le véritable musicien un silence solide et précis qui est à la limite de l'envie de pleurer.
Qui n'éprouve pas de joie quand il apprend ne doit pas être enseigné. - Se passionner pour ce qui est autre, aimer, apprendre, c'est le même.
Les images ne sont pas faites pour la lumière. - Tout rêve le sait et chaque nuit le prouve.
... l'imprévisibilité irrévocable de la jouissance.
Le silence est comme un chiffon humide: il ôte la poussière sans qu'il la fasse voler.
Seul le silence permet de contempler l'autre.
La musique évoque l'adultère. Chaque adultère est une sonate merveilleuse car l'essentiel de l'audition est lié au guet qui naît dans le silence.
Je pense qu'il est difficile de maintenir la mémoire de ce que nous cachons à nos proches.
Avoir une âme, cela veut dire avoir un secret. - Corollaire. Peu de monde a une âme.
Or l'amour, c'est cela: la vie secrète, la vie séparée et sacrée, la vie à l'écart de la société.
L'aimé aimante l'amant.
Le langage est l'équivalent pour la bouche vide du rêve pour les yeux fermés.
La société se repent toujours de ses méfaits quand il n'y a plus de conséquences à redouter du repentir.
Pourquoi l'amour ne s'éprouve-t-il que dans la violence de la perte? - Parce que sa source est l'expérience de la perte. - Naître, c'est perdre sa mère.
L'amour est une folie de l'échange.
Le silence n'est que l'ombre que le langage porte. Comme la conscience n'est que la chambre d'écho du langage dans le résonateur du crâne.
Il y a une naissance en toute connaissance.
L'amour, c'est d'abord aimer follement l'odeur de l'autre.
Appeler, crier, prier (peut-être écrire), c'est pour le langage, l'équivalent du rêve pour la vue.
... le fanatique est l'homme frappé par le coup de foudre.
Tout homme entièrement sérieux n'est pas humain.
La vie de chacun d'entre nous n'est pas une tentative d'aimer. Elle est l'unique essai.
La notoriété, quand on en use, tend toute la vie au miroir, dans une effrayante capture de soi.