Œuvre
Un heureux évènement (2005)
Le véritable amour, c'est celui qui se construit dans l'évolution du temps, non celui qui se répète à l'identique comme on le souhaite dans le fantasme.
Il y a l'amour des premiers temps, et il y a l'amour de la maturité, celui d'après, celui auquel personne ne songe, et pourtant, l'amour de la première rencontre n'est qu'une niaiserie à côté de l'amour conjugal.
Si l'amour c'est aimer plusieurs fois, plusieurs hommes, plusieurs corps, alors je ne veux plus qu'on m'en parle.
Si l'amour c'est sentir son coeur palpiter seulement lorsqu'on croit qu'on va perdre son amour, alors cela ne me suffit pas. Et même si l'amour évolue, je veux croire qu'il existe. Sinon il m'importe peu de vivre.
L'amour ne s'éteint pas. L'amour évolue. Il change de paradigme. Et c'est peut-être ce que nous ne sommes pas en mesure d'apprécier, alors nous disons que l'amour n'existe pas.
L'amour au début est ardent et passionnel, schizophrène et maniaco-dépressif comme le bébé, puis il grandit et il devient mûr, solide, réfléchi, il se pose, il s'élève alors, mais nous ne le savons pas, nous disons tout simplement qu'il cesse.
Je n'avais plus d'ambition personnelle, je n'en avais plus le temps, ma vie ne m'appartenait plus. Je n'étais plus qu'un creux, un vide, un néant. Désormais, j'étais mère.
Voilà, me dis-je, le secret de la femme mère. C'est notre force en même temps que notre faiblesse. Nous sommes les mères, nous sommes les terres, nous sommes la une et les marées, nous sommes des femelles, nous sommes l'origine de la vie.