Œuvre

Ruy Blas (1838)

Je ne veux pas tomber, non, je veux disparaître!
La sueur de la honte, - Lorsque je pense à vous, à la face me monte.
Avec les gens de cour, vos pareils, don Salluste, - Je vous laisse, et je reste avec mes chenapans. - Je vis avec les loups, non avec les serpents.
Oui, je le sais, la faim est une porte basse: - Et, par nécessité lorsqu'il faut qu'il y passe, - Le plus grand est celui qui se courbe le plus.
Les femmes aiment fort à sauver qui les perd.
Je crois que la vieillesse arrive par les yeux, - Et qu'on vieillit plus vite à voir toujours des vieux!
Que c'est faible, une reine, et que c'est peu de chose!
Quand l'âme a soif, il faut qu'elle se désaltère, - Fût-ce dans du poison!
Dieu s'est fait homme; soit! Le diable s'est fait femme!
Toute fille de joie en séchant devient prude.
Où Dieu t'aurait dû mettre une femme te met.
L'homme, mon cher ami, n'est que de la fumée - Noire, et qui sort du feu des passions. Voilà.
Car le mal qui nous vient des vices qui sont nôtres - Est pire que le mal que nous font ceux des autres.
Hélas! mon destin flotte à deux vents opposés.
Et dans la tempête et le bruit - La clarté reparaît grandie...
La plus pure étoile - Brille dans tes yeux. - Qu'avril renouvelle - Le jardin en fleur! - La fleur la plus belle - Fleurit dans ton coeur.
Vous n'êtes que le gant, et moi, je suis la main.
La cour est un pays où l'on va sans voir clair.
Monseigneur, nous faisons un assemblage infâme, j'ai l'habit du laquais, et vous en avez l'âme !