Œuvre

Roland Barthes par Roland Barthes (1975)

Dans ce qu'il écrit, chacun défend sa sexualité.
J'aime, je n'aime pas: cela n'a aucune importance pour personne; cela apparemment n'a pas de sens. Et pourtant, tout cela veut dire: mon corps n'est pas le même que le vôtre.
Autrefois un tramway blanc faisait le service de Bayonne à Biarritz; l'été, on y attelait un wagon tout ouvert, sans coupé: la baladeuse.
La contradiction des termes cède à ses yeux par la découverte d'un troisième terme, qui n'est pas de synthèse, mais de déport: toute chose revient, mais elle revient comme Fiction, c'est-à-dire à un autre tour de la spirale.
On peut appeler Doxologie (mot de Leibniz) toute manière de parler adaptée à l'apparence, à l'opinion ou à la pratique.
En un mot, l'oeuvre est un échelonnement; son être est le degré: un escalier qui ne s'arrête pas.
L'opinion courante veut toujours que la sexualité soit agressive. Aussi, l'idée d'une sexualité heureuse, douce, sensuelle, jubilatoire, on ne la trouve dans aucun écrit. Où donc la lire? Dans la peinture, ou mieux encore: dans la couleur.