Œuvre
Réflexions sur la conduite de la vie (1950)
La réussite de la vie est une nécessité pressante de notre époque, car l'homme moderne a le pouvoir de détruire ou de construire. La tâche capitale de l'humanité est non pas la production, l'art ou la science, mais la réussite de la vie.
Aujourd'hui, dans cet âge d'égoïsme et de bassesse, une multitude d'hommes et de femmes, suivent encore, sur les champs de bataille, dans les monastères, ou dans la désolation de la Cité moderne, la route de l'héroïsme, du renoncement et de la sainteté.
Les écoles n'enseignent ni la discipline de soi-même, ni l'ordre, ni la politesse, ni le courage. Les programmes scolaires ne mettent pas suffisamment les enfants en contact avec la beauté des choses et celle de l'art.
Il y a des choses évidemment mauvaises parce qu'elles tuent, paralysent, corrompent ou diminuent l'individu: par exemple le bacille de la peste, le virus de la fièvre jaune, le vin à haute dose, la tuberculose, le cinéma, la radio.
C'est quand l'individu est sorti des mains des professeurs et libéré des examens et des concours, qu'il peut commencer son éducation intellectuelle.
Il n'y a que deux passions capables de construire, l'une est l'amour, et l'autre la peur.
Seul, l'amour a la puissance de renverser les remparts derrière lesquels s'abrite notre égoïsme; d'allumer en nous l'enthousiasme.
La philosophie s'essaye toujours à réunir l'ensemble de nos connaissances en harmonieuse synthèse, à spéculer sur l'origine et la nature des choses, et à édifier des doctrines capables de satisfaire les aspirations de notre âme.