Œuvre

Récits de la Kolyma (1978)

L'espoir, c'est toujours l'absence de liberté. Un homme qui espère en quelque chose change de comportement, transige plus souvent avec sa conscience qu' un homme qui n'a aucun espoir.
L'homme ne vit que grâce à sa faculté d'oubli. La mémoire est toujours prête à oublier le mauvais pour se rappeler uniquement du bon.
Il est extrêmement difficile de fouiller dans les souvenirs d'un cerveau racorni par la faim. Tout effort de mémoire s'accompagne d'une douleur lancinante, purement physique. Les recoins de ma mémoire étaient débarrassés depuis longtemps de déchets inutiles comme la poésie.
A la Kolyma, on ne s'assied jamais à même le sol à cause du permafrost, c'est hors de question car l'issue serait fatale...
Nous savions que la mort n'était pas pire que la vie et nous ne craignions ni l'une ni l'autre. Une grande indifférence nous habitait.
Nous savions que la mort n'était pas pire que la vie.