Œuvre
Post-Scriptum de ma vie (1901)
Il y a dans l'admiration je ne sais quoi de fortifiant qui dignifie et grandit l'intelligence.
L'éclair de l'immense, quelque chose qui resplendit et qui est brusquement surhumain, voilà le génie.
La jeunesse a de belles vertus; elle est sincère, fidèle, honnête, pure, croyante, dévouée, loyale, généreuse, reconnaissante.
La forme est essentielle et absolue: elle vient des entrailles mêmes de l'idée. Elle est le beau; et tout ce qui est le beau manifeste le vrai.
L'idée sans le mot serait une abstraction; le mot sans l'idée serait un bruit; leur jonction est leur vie.
Les méchants envient et haïssent; c'est leur manière d'admirer.
Contempler est une révélation; souffrir en est une autre.
Tromper est mauvais; détromper est méchant. Il ne faut ni donner des illusions, ni en ôter.
Il est plus facile de renoncer à l'avenir qu'au passé. De là, la puissance indomptable du moi.
L'homme ne comprend et n'accepte l'immortalité qu'à la condition de se souvenir. Etre, pour la créature intelligente, c'est comparer.
Aucune grâce extérieure n'est complète si la beauté intérieure ne la vivifie. La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps.
On aime une femme comme on découvre un monde: en y pensant toujours.
Nous voyons le temps passé au télescope et le temps présent au microscope. De là les énormités apparentes du temps présent.
Quand une femme vous parle, écoutez ce que disent ses yeux.
La beauté de l'âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps.
Pour qu'une femme soit complètement prise, trois choses : être un homme, un grand homme et un gentilhomme ; satisfaire sa dignité, contenter son orgueil, flatter sa vanité.
Il y a dans sa grâce beaucoup de sa faiblesse. L'esprit des femmes se plaît dans le délicat de toute chose.
On pourrait mettre sur beaucoup de femmes mariées l'inscription connue : II y a des pièges dans cette propriété.
La femme a une puissance singulière qui se compose de la réalité de la force et de l'apparence de la faiblesse. Assemblage irrésistible.
L'orgueil est lion, l'égoïsme est tigre, la vanité est chatte.
La vraie force est celle qui a pour devise : Rien de force.
Le mal. Défiez-vous de ceux qui s'en réjouissent encore plus peut-être que de ceux qui le font.
Nous n'avons pas un homme dans nos racines, mais nous avons l'humanité.
J'aime tous les hommes qui pensent, même ceux qui pensent autrement que moi. Penser, c'est déjà être utile, c'est toujours et en tout cas faire effort vers Dieu.
L'art existe de plein droit, aussi naturellement que la nature.