Œuvre
Poésies (1870-1871)
Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles, - Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur?
Et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir!
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
O flots abracadabrantesques - Prenez mon coeur, qu'il soit sauvé.
Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu!
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux - Montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes.
Sur l'onde calme et moire où dorment les étoiles - La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, - Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides - Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux.
C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège - T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté.