Œuvre

Pilote de guerre (1942)

Qu'est-ce qu'un homme s'il manque de substance ? S'il n'est qu'un regard et non un être ?
Un Etre n'est pas de l'empire du langage, mais de celui des actes. Notre Humanisme a négligé les actes.
La grandeur de ma civilisation, c'est que cent mineurs s'y doivent de risquer leur vie pour le sauvetage d'un seul mineur enseveli. Ils sauvent l'Homme.
L'aventure repose sur la richesse des liens qu'elle établit, des problèmes qu'elle pose, des créations qu'elle provoque.
Celui qui diffère de moi, loin de me léser, m'enrichit.
Je comprends le sens de l'humilité. Elle n'est pas dénigrement de soi. Elle est le principe même de l'action.
Chacun est responsable de tous. Chacun est seul responsable. Chacun est seul responsable de tous.
Demain, nous ne dirons rien non plus. Demain, pour les témoins, nous serons des vaincus. Les vaincus doivent se taire. Comme les graines.
On va toujours, en fin de compte, vers où l'on pèse.
La saveur du pain partagé n'a point d'égale
Quel est l'élan d'amour qui paierait ma mort ? On meurt pour une maison. Non pour des objets et des murs. On meurt pour une cathédrale. Non pour des pierres. On meurt pour un peuple. Non pour une foule.
Nous avons cessé de donner. Or si je prétends ne donner qu'à moi-même je ne reçois rien, car je ne bâtis rien dont je sois, et donc ne suis rien. Si l'on vient ensuite exiger de moi que je meure pour des intérêts, je refuserai de mourir. L'intérêt d'abord commande de vivre. Quel est l'élan d'amour qui paierait ma mort ? On meurt pour une maison. Non pour des objets et des murs. On meurt pour une cathédrale. Non pour des pierres. On meurt pour un peuple. Non pour une foule. On meurt par amour de l'Homme, s'il est clef de voûte d'une Communauté. On meurt pour cela seul dont on peut vivre.