Œuvre

Petite philosophie à l'usage des non-philosophes

Exprimer une idée est une activité difficile à laquelle il faut s'exercer; la télé supprime cet exercice; nous risquons de devenir un peuple de muets, frustrés de leur parole, et qui se défouleront par la violence.
Il faut prendre conscience de l'apport d'autrui, d'autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande.
L'important n'est pas que mon discours soit vrai, mais qu'il soit sincère.
L'oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l'excès de travail est le père de toutes les soumissions.
Manifester son bonheur est un devoir; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible.
On peut apprendre à un ordinateur à dire: «Je t'aime», mais on ne peut pas lui apprendre à aimer.
Oublions ces examens qui agissent comme des aimants pernicieux en orientant les efforts vers la «réussite».
Sans imagination il ne pourrait y avoir création.
Les autres ne sont pas notre enfer parce qu'ils sont autres; ils créent notre enfer lorsqu'ils n'acceptent pas d'entrer en relation avec nous.
Je crois à la nécessité du rapport à l'autre non seulement pour être heureux, mais bien plus fondamentalement pour être conscient.
Communiquer, c'est mettre en commun; et mettre en commun, c'est l'acte qui nous constitue. Si l'on estime que cet acte est impossible, on refuse tout projet humain.
Respecter autrui, c'est le considérer comme une partie de soi, ce qui correspond à une évidence si l'on accepte la définition: «Je suis les liens que je tisse avec d'autres.»
L'amoureux qui espère ressent plus de bonheur que l'amoureux qui a obtenu!
Pour moi, le bonheur, c'est de se sentir beau dans le regard des autres.
Sans l'homme, l'univers n'est qu'un continuum sans structure.
L'esprit n'est que l'aboutissement de l'aventure de la matière. Il n'a pas une origine autre que l'ensemble du cosmos.
Etre conscient que demain existera et que je peux avoir une influence sur lui est le propre de l'homme.
L'essentiel, peut-être, est intemporel.
La fraternité a pour résultat de diminuer les inégalités tout en préservant ce qui est précieux dans la différence.
Nous n'avons pas la liberté de ne pas être libres.
Il faut savoir être un citoyen, c'est-à-dire «faire de la politique». Certes, en faire c'est courir le risque de se tromper; mais ne pas en faire est être sûr de se tromper.
Seule peut-être la création est un acte solitaire mais aussi constructif.
... la nature ne choisit jamais.
Je préfère, orgueilleusement, être celui qui devient «moi» en une longue marche dont le point de départ, s'il existe, a peu d'intérêt, dont seule importe la direction.
La liberté n'est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s'imposeront à tous.