Œuvre
Pensées, répliques et anecdotes (2006)
Avant de traiter quelqu'un de con, il vaut mieux réfléchir: on l'est, peut-être, plus que lui.
«Il, elle, a du caractère», dit-on avec admiration. Dieu merci, il y en a qui n'en ont pas. Cela évite bien des conflits!
Quand elle est tombée aveugle, elle n'a plus voulu voir personne.
Pour un être modeste comme moi, disait-il, les applaudissements, c'est toujours embarrassant. Surtout après l'amour.
Aujourd'hui, rédiger le contrat d'un acteur prend plus de temps que de faire un film.
Le cachet de la poste fait toujours foi. Celui du comédien fait souvent pitié.
Le théâtre de rue est la voie royale du théâtre de boulevard. Hélas! il est souvent dans l'impasse.
Acteur au chômage, il ne jouait que de malchance.
A un acteur dans le besoin, ne jamais dire: «J'ai une pièce pour vous.» Il préférera un billet.
J'ai longtemps rêvé d'une automobile qui démarrerait sans clé. Il suffirait de crier: «Moteur!»
Un acteur monte une pièce, un critique descend un film. Et quand il se croisent, il n'y a jamais de renvoi d'ascenseur.
Sur scène, j'aime ouvrir grand la bouche pour avaler d'un coup tous les rires du public. C'est mon repas préféré. Jamais d'indigestion.
Un réalisateur doué est capable de donner du talent à un chien. Moi, je suis sûr que Lassie était une chienne très ordinaire.
Je suis bien placé pour le savoir: au cinéma, le critique, c'est le juge et l'assassin...
Un acteur en dépression: il court le cachet!
Jouer sur scène présente deux risques majeurs: tomber dans la fosse ou tomber dans l'oubli.
Comme j'avais un trou de mémoire, j'ai regardé la souffleuse: «C'est à vous», m'a-t-elle soufflé!
Il y a toujours, dans une carrière, un film qu'on ne se souvient pas d'avoir tourné. Mais que les autres savent vous remémorer!
Premiers prix, second rôles, troisième couteau. Ma vie est un podium.
Paradoxe: un bide nourrit mal son homme. Heureusement, les navets permettent de se rattraper!
On m'a toujours distribué des rôles plus vieux que je ne l'étais. Aujourd'hui, on me propose un rôle de mort.
Chez certains acteurs, le culot remplace le talent.
Je serai vraiment célèbre le jour où, dans un asile de fous, quelqu'un se prendra pour moi!
Paul Valéry avait lu tous les livres, et quand il mourrut, il désigna du regard sa vaste bibliothèque et murmura: «Décidément, tout cela ne vaut pas un beau cul.»
Sur la tombe des vrais poètes, la nuit, il y a des vers luisants.