Œuvre

Partage des vivants (1953)

Le bifteck et les légumes, les cigarettes, il nous donnait tout cela, comme si tout cela eût été naturel, sans en parler jamais. Le toit et la bectance.
L'animal affamé, ça soulève les consciences les mieux accrochées. Ca donne à parler et à réfléchir. C'est drôle! C'est à qui se débrouillera le plus diligemment pour rapporter la bouffetance à la bête chavirante.
On vivait dans l'instant. En évitant les bourres, ces sans-tripes qui nous eussent volontiers crochetés au premier tournant de rue, et coups dans la gueule, et dépôt à la suite. Ils nous avaient en plein dans leur mauvais oeil, les vaches!
On va bouffer? J'ai les crocs, moi! Je boufferai quelque chose de bon!... On y va?
La police avait soigneusement pris et repris nos empreintes.