Œuvre
Où en est la psychologie de l'enfant, 1983
J'affirme au départ que le contraire de la connerie n'est pas l'intelligence logique ou celle que l'on mesure avec les tests habituels. En somme c'est une autre dimension, une autre forme d'intelligence que je cherche.
En bref chacun de nous est le con de quelqu'un.
Un con ne se doute pas qu'il l'est. Pour le savoir il lui faudrait se décentrer, se voir avec les yeux d'autrui… Ce qui suppose qu'il ne le serait pas.
Mais, en conclusion partielle, et parce que les mots tendent à se définir mieux par leurs oppositions, je me risque à dire que la connerie est à la débilité ce que l'humour est à l'intelligence.
Si je raye de mon vocabulaire le terme nu, tout cru, d'intelligence, c'est que signifiant trop, il ne signifie rien.
Car il ne suffit pas de posséder telle « intelligence » et telle autre, il faut encore savoir s'en servir. Être intelligent, c'est utiliser au bon moment et convenablement les moyens dont on dispose. C'est la « réalisation » qui compte…
Les chemins du coeur comme voies royales de la raison sont agrémentés de pièges à cons, de miroirs aux alouettes.
Il y a même des idées prétendues neuves qui ne sont que le camouflage ou la forme pédante de vielles lunes.
Un fait non vérifié, non expliqué, reste en attente, au plan de l'anecdote.
La notion d'intelligence elle- même a perdu pour moi son apparente simplicité. Je ne parle plus de l'intelligence mais, au pluriel, d'intelligences.
Ne laissons pas les mots penser à notre place.