Œuvre
Nouvelles pensées échevelées (2000)
Certains n'ont jamais le moindre espoir, d'autres le perdent éternellement.
Il est parfois plus facile de donner un prix que de donner raison.
L'insouciance tue... les autres.
La discipline de l'art exige de la liberté.
Même pour jouer son propre rôle, il faut se maquiller.
Même un tyran ne bénéficie pas de la liberté d'opinion.
N'oubliez-pas: le prix qu'il faut payer pour la liberté diminue à mesure qu'augmente la demande.
Parfois, ce n'est qu'en quittant la scène qu'on peut savoir quel rôle on a joué.
Pour remonter à la source, il faut nager à contre-courant.
Quelles choses donnent de la tragédie, lesquelles de la comédie? C'est avec le temps qu'on le découvre.
A chaque sommet on est toujours au bord d'un précipice.
Le foin n'a pas la même odeur pour les chevaux et pour les amoureux.
Le fait qu'il soit mort ne prouve absolument pas qu'il ait vécu.
Il faut avoir beaucoup de patience pour apprendre à être patient.
Avec les rêves aussi on peut faire des confitures. Il suffit d'ajouter des fruits et du sucre.
Hésiter, c'est déjà prendre une décision.
Les puritains devraient avoir des feuilles de vigne sur les yeux.
Pour être soi-même, il faut être quelqu'un.
Nos jours sont comptés: par des statisticiens.
L'histoire: une collection de faits qui n'étaient pas obligés de se produire.
Quand on déboulonne une statue, il faut garder le piédestal; cela peut toujours servir.
Dans une avalanche, aucun flocon ne se sent jamais responsable.
Quand on ne veut pas se mouiller, qu'on s'arrange au moins pour ne pas éclabousser les autres.
Il est très dangereux de vivre. Celui qui vit meurt.
Pendant qu'on le torturait, il n'arrêtait pas de se pincer. «Pourquoi?» demanda le bourreau. «Je vérifie si je ne suis pas en train de faire un cauchemar.»