Œuvre

Nostalgie de Paris (1941)

C'est pour l'empêcher de boire qu'elle s'avisa d'en faire un peintre. N'était-elle pas venue, elle-même, à la «barbouille» en posant dans les ateliers à la suite d'un accident de piste?
Cette place paisible dont les vieilles maisons blanches prennent le soir un vague aspect de béguinage quand tinte la cloche de Saint-Germain-des-Prés.
On éprouvait, au crépuscule, le sentiment que les pires béquillards et truands du quartier venaient de ranger leurs potences afin de répartir, plus commodément entre tous, le montant des escroqueries et des vols de la journée.
On en était toujours au black-out à Paris, à ses foules tâtonnantes dans les ténèbres, aux phares en veilleuse des autos. Dépouillée de ses lumières publicitaires, la Tour Eiffel ... se silhouttait par les nuits claires au-dessus de la ville éteinte.
On imagine très bien ... ce machinal accompagnement qu'exécutait le pianiste dans les premières salles de ciné durant la projection d'un film.
Une divette célèbre vers 1893, qu'on avait - en raison de ses relations parmi les héritiers des divers trônes d'Europe - appelée «le Passage des Princes», s'amusait la première d'être ainsi baptisée.
A quatre heures, en hiver, la concierge allumait le gaz et se retirait dans sa loge afin d'y épucer un affreux matou jaune qu'elle installait sur ses genoux.
Des airs d'accordéon s'échappent ici d'une salle humide et basse où le patron, juché sur une petite estrade, donne à danser.
Les flonflons d'Offenbach n'ont presque plus d'échos dans notre affreux monde de businessmen, d'agents, de financiers.