Œuvre
Mon roman et moi (2003)
L'auteur et son roman : couple infernal. Qui est le maître de l'autre ?
Finir un livre est comme fermer une porte. On n'est jamais certain que le moment soit venu de sortir.
Le lecteur unique ne serait pas vraiment un lecteur si mon livre ne l'étonnait pas. L'intérêt, pour lui, est de me découvrir en me lisant. Donc, en même temps, il doit venir de loin, ne m'avoir jamais fréquenté. La contradiction qui rend toute approche du lecteur unique si difficile , elle est là : il faut qu'il me connaisse assez pour me retrouver, et trop peu pour ne pas être surpris. Il faut que la connaissance et la surprise soient, toutes les deux, totales.
Le lecteur unique ne serait pas vraiment un lecteur si mon livre ne l'étonnait pas. L'intérêt, pour lui, est de me découvrir en me lisant.
La grande affaire de l'existence n'est-elle pas d'accepter la compagnie d'autrui ? Impossible de vivre sans, difficile de vivre avec. On ne s'en tire jamais que par un compromis.
La grande affaire de l'existence n'est-elle pas d'accepter la compagnie d'autrui ?
Les écrivains sont incorrigibles : même quand ils parlent de se taire, ils ne résistent pas à la tentation de raconter leur silence.
Un nouveau projet chasse le précédent, un autre « mon roman » prend la place de celui que je viens de quitter. On n'en en jamais fini avec l'écriture.