Œuvre
Michel Strogoff (1876)
De ces jeunes danseuses (tsiganes), plusieurs étaient remarquablement jolies, tout en ayant le type franchement accusé de leur race.
Le plan de ce traître était de se faire agréer du grand-duc sous un faux nom, de capter sa confiance.
Une ambition effrénée qui ne recule devant rien.
Devenu insensible, pour ainsi dire, à la douleur physique, comme s'il eût été sous l'influence d'une anesthésie permanente ...
Il était simplement vêtu d'un uniforme d'officier des chasseurs de la garde. Ce n'était point affection de sa part, mais habitude d'un homme peu sensible aux recherches de l'apparat.
Le sol de cette vaste dépression est entièrement argileux, par conséquent imperméable.
On racontait d'horribles atrocités commises par les envahisseurs, pillage, vol, incendie, meurtres. C'était le système de la guerre à la tartare.
Ce n'était pas de mort mais de cécité qu'allait être frappé Michel Strogoff. Perte de la vue, plus terrible peut-être que la perte de la vie! Le malheureux était condamné à être aveuglé.
Un détachement de Cosaques l'accompagnait et faisait ranger la foule à force de bourrades, violemment données et patiemment reçues.
C'était un mouvement, une excitation, une cohue, un brouhaha dont on ne saurait donner une idée, les indigènes de classe inférieure étant fort démonstratifs, et les étrangers ne leur cédant guère sur ce point.
C'étaient principalement des joncs et des butomes, qui formaient un réseau inextricable, un impénétrable treillis, parsemé de mille fleurs, remarquables par la vivacité de leurs couleurs.
Les bêtes de somme se comptaient par milliers. C'étaient des chameaux de petite taille, mais bien faits, poil long, épaisse crinière leur retombant sur le cou, animaux dociles et plus faciles à atteler que le dromadaire.
Ce steam-boat, d'ailleurs, était fort bien aménagé, et les passagers, suivant leur condition ou leurs ressources, y occupaient trois classes distinctes.
D'ailleurs, la route montait vers ces grosses nuées, très denses et presque arrivées déjà au degré de condensation. Avant peu, route et vapeurs se confondraient, et si, en ce moment, les nuages ne se résolvaient pas en pluie, le brouillard serait tel ...
La conflagration de la bourgade s'opérait avec une violence extraordinaire. Ces maisons, construites en sapin, flambaient comme des résines.
Cependant, Alcide Jolivet avait fait comprendre à son confrère qu'il ne pouvait quitter Tomsk sans avoir pris quelque crayon de cette entrée triomphale des troupes tartares.
Sur sa tête carrée du haut, large de front, se crépelait une chevelure abondante, qui s'échappait en boucles.
Des demi-bottes en cuir ouvragé, et assez fortes de semelles, comme si elles eussent été choisies en prévision d'un long voyage, chaussaient ses pieds, qui étaient petits.
Ses quatres roues, écartées de huit à neuf pieds à l'extrémité de chaque essieu, lui assurent un certain équilibre sur des routes cahoteuses et trop souvent dénivelées.
Sa bouche était finement dessinée, mais il semblait qu'elle eût, depuis longtemps, désappris de sourire.
Aussi, voyant qu'il ne pouvait rien apprendre de relatif à l'invasion tartare, écrivit-il sur son carnet: «Voyageurs d'une discrétion absolue. En matière politique, très durs à la détente.»
Mais, si vite qu'ils allassent, le cheval et le cavalier ne purent échapper aux piqûres de ces insectes diptères, qui infestent ce pays marécageux.
Michel Strogoff prêtait une oreille attentive à tout ce qui se disait, mais il ne se mêlait point aux conversations.
Cependant, les détonations redoublaient et se rapprochaient sensiblement. Ce n'était plus un roulement confus, mais une suite de coups de canon distincts.
Silence, se hâta de répondre Michel Strogoff, en mettant un doigt sur ses lèvres.