Œuvre
Mémoires d'un voyou (1972)
L'illusion du vers, bon ou mauvais, est telle, - Qu'à travers un sonnet la vie est toujours belle.
Ma revanche serait pourtant qu'elle m'aperçût au bras de la jeune et jolie femme qui fait aujourd'hui mes délices, puisque les hommes ont le privilège de pouvoir continuer d'aimer et d'être aimés jusqu'à un âge beaucoup plus avancé.
Comme cela non plus ne sert à rien, l'oubli vaut mieux que le souvenir, si celui-ci est cause de chagrin.
Seulement, l'amour et la guerre s'apprennent mieux sur le terrain que dans les livres. Mis au pied du mur, le puceau que j'étais encore ne savait pas trop comment s'y prendre pour vaincre. Il ne vainquit d'ailleurs pas.
Je n'ai retenu que ce distique, qui ne rime pas: Je t'aime avec passion, je t'aime avec délire.
Je t'aime avec passion, je t'aime avec délire, je t'aime avec le coeur dont on aime à quinze ans.