Œuvre

Médée

Terribles sont les passions des rois; obéissant peu, commandant toujours, il leur est difficile de déposer leurs colères.
L'excès de biens ne vaut jamais rien de profitable aux mortels: de plus grandes calamités, quand le Destin s'irrite contre une maison, voilà ce qu'il lui attire.
Une femme d'ordinaire est pleine de crainte, lâche au combat et à la vue du fer; mais quand on attente aux droits de sa couche, il n'y a pas d'âme plus altérée de sang.
Apportez aux ignorants d'ingénieuses nouveautés, vous passerez pour un inutile et non pour un savant.
Car d'une femme prompte à s'irriter - j'en dis autant d'un homme - on se met plus facilement en garde que de celle qui se tait par habileté.
Hélas! hélas! pour les mortels, quel mal terrible que les amours!
Terrible et difficile à guérir est généralement la colère quand ce sont des êtres chers que met aux prises la discorde.
Ah! il faudrait que les mortels pussent avoir des enfants par quelque autre moyen, sans qu'existât la gent féminine; alors il n'y aurait plus de maux chez les hommes.
Les amours quand ils fondent sur eux avec trop de violence n'apportent ni bon renom ni vertu aux hommes.
Parmi les mortels, il n'est pas un homme heureux. L'opulence, quand elle afflue, peut donner à l'un plus de succès qu'à l'autre, mais le bonheur, non.
La mort n'est pas un mal, l'approche de la mort en est un.
Je suis seule, exilée, bonne à être insultée - par un mari qui m'a conquise en pays étranger. - Je n'ai mère, ni frère, ni parent, - Qui me donne un refuge en ce présent naufrage.
J'ai peur de toi - à quoi bon alléguer des prétextes? - peur que tu ne fasses à ma fille un mal irréparable.
Le coupable est celui à qui le crime profite.
Quand on n'espère plus, c'est alors qu'on ne doit pas désespérer.