Le temps est le rivage de l'esprit; tout passe devant lui, et nous croyons que c'est lui qui passe.
Œuvre
Maximes, pensées et paradoxes
29 citations · Antoine Rivaroli, dit Rivarol · sur Dicocitations ↗
L'esprit est le côté partiel de l'homme; le coeur est tout.
L'homme qui dort, l'homme ivre, c'est l'homme diminué.
Il y aura toujours deux mondes soumis aux spéculations des philosophes: celui de leur imagination, où tout est vraisemblable et rien n'est vrai, et celui de la nature où tout est vrai sans que rien paraisse vraisemblable.
Les corps politiques recommencent sans cesse; ils ne vivent que de remèdes.
L'imprimerie est l'artillerie de la pensée.
Les peuples les plus civilisés sont aussi voisins de la barbarie que le fer le plus poli l'est de la rouille. Les peuples, comme les métaux, n'ont de brillant que les surfaces.
Dieu est la plus haute mesure de notre incapacité: l'univers, l'espace lui-même, ne sont pas si inaccessibles.
Un peu de philosophie écarte de la religion, et beaucoup y ramène.
La philosophie ne répond que des individus, mais la religion répond des masses.
C'est un terrible luxe que l'incrédulité.
L'orgueil est toujours plus près du suicide que du repentir.
Il y a quelque chose de plus haut que l'orgueil, et de plus noble que la vanité, c'est la modestie; et quelque chose de plus rare que la modestie, c'est la simplicité.
L'avare est le pauvre par excellence: c'est l'homme le plus sûr de n'être pas aimé pour lui-même.
Le mépris doit être le plus mystérieux de nos sentiments.
On ne pleure jamais tant que dans l'âge des espérances; mais quand on n'a plus d'espoir, on voit tout d'un oeil sec, et le calme naît de l'impuissance.
En général, l'indulgence pour ceux que l'on connaît, est bien plus rare que la pitié pour ceux qu'on ne connaît pas.
L'envie qui parle et qui crie est toujours maladroite; c'est l'envie qui se tait qu'on doit craindre.
On sait par quelle fatalité les grands talents sont, pour l'ordinaire, plus rivaux qu'amis; ils croissent et brillent séparés, de peur de se faire ombrage: les moutons s'attroupent et les lions s'isolent.
Si la pauvreté fait gémir l'homme, il bâille dans l'opulence. Quand la fortune nous exempte du travail, la nature nous accable du temps.
Un bon esprit paraît souvent heureux, comme un homme bien fait paraît souvent adroit.
L'homme passe sa vie à raisonner sur le passé, à se plaindre du présent, à trembler pour l'avenir.
Les opinions, les théories, les systèmes, passent tour à tour sur la meule du temps, qui leur donne d'abord du tranchant et de l'éclat, et qui finit par les user.
La parole est la pensée extérieure, et la pensée est la parole intérieure.
... par sa nature, l'homme ne veut que deux choses, ou des idées neuves ou de nouvelles tournures: il exprime l'inconnu clairement pour se faire entendre, et il relève le connu par l'expression pour se faire remarquer.