Œuvre

Maximes à l'usage des dirigés et de leurs dirigeants (1995)

Ne donnez pas votre confiance, prêtez-la.
Si votre chef vous répond toujours non, changez de chef : il est plus facile de changer de chef que de faire changer le chef.
Les hommes préfèrent se plaindre du tyran plutôt que de se demander pourquoi ils lui obéissent.
Spontanément, les enfants ne passent pas de la cour de récréation à la salle de classe.
En imposer pour ne pas avoir à imposer, voilà en quoi consiste la charisme.
N'attendez rien de qui a l'avantage : c'est à qui souffre de faire le premier pas.
Une personne peut d'autant plus facilement être abusée qu'elle est à la recherche de reconnaissance.
La cécité à soi-même est la chose du monde la mieux partagée.
Sans solidarité, performances ni durables ni honorables.
Toute direction suppose du secret. Diriger ou s'épandre, il faut choisir.
Motiver, c'est inverser le sens de l'énergie.
Avoir dû payer pour l'obtenir diminue la valeur des choses. Elles n'ont plus qu'un prix.
Le management est un art populaire. Son expertise est inversement proportionnel à la longueur des études.
Le propre du chef ? Penser qu'il ne dépend pas de ses subordonnés.
Les idées doivent monter, les décisions doivent descendre. Vous êtes payé pour enrichir celui dont vous recevez le salaire.
La bonne idée est celle que le chef vous prend. Est malhonnête qui veut conserver ce qu'il est payé pour donner.
Le meilleur moyen pour ne pas subir la domination de son chef est de lui reconnaitre le droit de dominer. En général cela suffit.
Aucun supérieur hiérarchique ne pardonne à ses collaborateurs d'être mis dans la situation d'avoir à démontrer son autorité : le supérieur n'est jamais sur de faire la bonne démonstration.
Tout est possible avec des collaborateurs pourvu qu'ils aient l'ivresse. Rares sont les chefs capables d'enivrer.