Œuvre

Lettre à Voltaire, 27 janvier 1762

Les sots, qui déchireraient Corneille s'il n'était pas mort, et qui seront bien aises de vous déchirer, parce que vous êtes vivant.
Ne critiquez Corneille que lorsque vous aurez deux fois raison.
Il (Corneille) a un nom très respecté, il est mort; voilà déjà une raison bien forte (je ne dis pas bien bonne) en sa faveur.
Il me semble que les auteurs dramatiques sont pour les règles comme les Français pour les impôts: ils y obéissent en murmurant.
Pour peu que Corneille soit justifiable par des raisons telles quelles, dans les endroits où vous l'attaquez, vous êtes sûr d'avoir contre vous les pédants.
La philosophie ne retrouvera pas aisément un prince tolérant comme lui par indifférence, ce qui est la bonne manière de l'être.