Œuvre

Les idées et les âges (1927)

Est bourgeois tout ce qui vit de persuader.
Ce n'est pas peu de chose que de méditer sur un livre; cela dépasse de bien loin la conversation la plus étudiée, où l'objet change aussitôt par la réflexion. Le livre ne change point, et ramène toujours. Il faut que la pensée creuse là.
Chacun se redresse aux maximes et aux proverbes; chacun en sent le prix. Penser sur des maximes c'est se reconnaître et reprendre le gouvernement de soi.
Le conteur, qui veut faire paraître des choses absentes, y réussit bien mieux par le frisson de la peur que par une suite raisonnable de causes et d'effets.
Celui qui ne lit que ce qui lui plaît, je le vois bien seul. Toujours en compagnie de ses chétives idées personnelles, comme on dit, mais il ne sortira jamais de l'enfance.
Mais, si l'architecture doit aux cérémonies l'amphithéâtre, qui est la pyramide renversée, ou presque, c'est au tombeau, signe ancien et naturel entre tous, qu'elle doit la pyramide ...
Il n'est pas évident que le culte des belles-lettres ne coûte rien à la justice; toujours est-il qu'on en reçoit une coutume de se plaire aux mythes et de s'y attarder.
Devant le feu follet, l'un dit âme des morts, et l'autre dit hydrogène sulfuré.