Œuvre
Les Animaux dénaturés (1952)
L'humanité n'est pas un état à subir. C'est une dignité à conquérir.
L'étude, l'expérience et l'observation multiplient l'incertitude.
Tous nos malheurs proviennent de ce que les hommes ne savent pas ce qu'ils sont, et ne s'accordent pas sur ce qu'ils veulent être.
L'homme se distingue de l'animal par son esprit religieux.
Cette douleur, cette horreur, c'est la beauté de l'homme. Les animaux sûrement sont plus heureux, qui ne les ressentent pas. Mais je ne troquerais pas pour un empire cette douleur.
Il en était arrivé à la conclusion qu'une seule chose était uniquement et entièrement propre à l'Homme: les perversion sexuelles.
L'animal fait un avec la nature. L'homme fait deux. Pour passer de l'inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu ce schisme, ce divorce, il a fallu cet arrachement.
Qu'appelle-t-on langage? S'il faut pour mériter ce nom une grammaire et une syntaxe, bien des tribus primitives ne savent pas parler.
Les obstacles comptent peu dans les desseins d'une amoureuse.
Une seule chose, dit-il, importe : ce sont les traces que ces civilisations nous laissent en disparaissant en un mot, conclut-il : c'est l'Art. Voilà le propre de l'Homme, depuis celui de Cro-Magnon jusqu'à nos jours.