Œuvre
Les Ailes du paradoxe (1996)
Les masses ont l'impression que l'ivrognerie, la stupidité et l'immoralité leur appartiennent en propre et que si quelqu'un de la classe supérieure fait des bêtises, il braconne sur leurs terres.
Je ne confie un secret qui si on me fait la promesse de le répéter à tout le monde.
La popularité est la couronne de laurier que le monde tresse à l'art médiocre.
Le rêveur est un être qui ne peut trouver sa voie qu'à la clarté de la lune ; son châtiment c'est de voir poindre le jour avant le reste du monde.
On n'apporte jamais assez de soin au choix de ses ennemis.
Le chemin de la vérité est celui du paradoxe : pour l'éprouver, il faut la contempler sur la corde raide. Quand la vérité devient acrobate, nous pouvons la juger.
Je peux croire n'importe quoi, pourvu que ce soit absolument incroyable.
La différence entre le journalisme et la littérature ? Le journalisme est illisible, et la littérature n'est pas lue.
On dit que tous les critiques sont à vendre. A voir la façon dont ils s'habillent, ils ne doivent pas coûter très cher !
J'adore parler de rien. C'est le seul domaine où j'ai de vagues connaissances.
De nos jours, tout grand homme a ses disciples, et c'est toujours Judas qui écrit la biographie.
C'est toujours un tort de donner des conseils, mais en donner de bons ne vous sera jamais pardonné.
J'aime pour leur artifice ces renoncements auxquels les hommes ont donné le nom de vertu, tout autant que ces révoltés de la nature que les sages appellent encore péché.
Bien des gens qualifient La Comédie humaine d'indigeste. C'est possible. Les truffes aussi le sont.
S'il faut à quelqu'un un tombeau majestueux pour rester dans la mémoire des siens, il est clair que sa vie fut un acte absolument superflu.
En toute chose il faut être semblable au Créateur : comme lui il ne faut accepter que les louanges.
L'éducation est une chose admirable. Mais il est bon de savoir que rien de ce qui mérite d'être su ne peut s'enseigner.
La seule compagnie qui en vaille la peine, c'est la sienne propre. S'aimer soi-même avant d'aimer les autres est l'assurance d'une longue histoire d'amour.
Ce qui est à la mode, c'est ce qu'on porte. Ce qui est démodé, c'est ce que les autres portent. Tout comme la vulgarité est aussi l'apanage des autres. Et encore les faux-semblants la vérité des autres.