Œuvre

Le Sang du temps (2005)

J'ai longtemps aimé le silence pour lire. La quiétude d'un néant quelconque, impersonnel, pour savourer pleinement le cataclysme sonore des mots.
La machine à voyager dans le temps existe. C'est la magie. Et la magie existe bien. Dans les mots.
Un reliquat de Babel. Voilà ce qu'était le Mont-Saint-Michel. Un doigt fier pointé vers les cieux. ... Le Mont jaillissait de cette mer, colossal, comme le tranchant d'un silex patiemment sculpté et posé sur un immense écrin de nacre.
C'est ça vieillir, ma chère, c'est oublier, ou confondre. Ou ne plus avoir la force d'aller loin dans les efforts de la mémoire. Alors on rabâche ce qu'il nous reste.
Tous les êtres du monde ne sont pas forcément gris ... Nous n'avons aucune couleur, nous prenons celle de nos pensées, de nos actions. Et celles-ci sont aussi changeantes et diversifiées que la palette du peintre.
C'est dans les conditions extrêmes que l'homme révèle sa véritable nature. ... Par expérience, je dis que le mal est autant une essence dans le cosmos qu'une fièvre de notre société.
Car elle ne reviendrait plus chez elle avant longtemps, ce pouvait être un mois, peut-être un an. Elle ignorait tout de sa destination.