Il y a si loin de la manière dont on vit à celle donc on devrait vivre, que celui qui tient pour réel et pour vrai ce qui devrait l'être sans doute, mais qui malheureusement ne l'est pas, court à une ruine inévitable.
Un acte de justice et de douceur a souvent plus de pouvoir sur le coeur des hommes que la violence et la barbarie.
Sur place, tu vois naître les désordres, auxquels tu peux parer aussitôt; mais à distance, tu en es informé lorsqu'ils sont si grands qu'il n'y a plus remède.
Mais la distance est si grande entre la façon dont on vit et celle dont on devrait vivre, que quiconque ferme les yeux sur ce qui est et ne veut voir que ce qui devrait être apprend plutôt à se perdre qu'à se conserver ...
N'importe qui peut voir ce que tu sembles être; quelques rares seulement peuvent tâter ce que tu es.
On ne doit jamais laisser se produire un désordre pour éviter une guerre; car on ne l'évite jamais, on la retarde à son désavantage.
Jamais les hommes ne font si bien que par nécessité; mais là où chacun, pour ainsi dire, est libre d'agir à son gré et de s'adonner à la licence, la confusion et le désordre ne tardent pas à se manifester de toutes parts.
La fortune ne change que pour ceux qui ne savent pas se conformer au temps.
On fait la guerre quand on veut, on la termine quand on peut.
Car il faut faire tout le mal d'un coup afin que moins longtemps le goûtant, il semble moins amer, et le bien petit à petit afin qu'on le savoure mieux.
Ainsi en est-il de la fortune, qui montre sa puissance aux endroits où il n'y a point de digues ni de levées pour lui tenir tête.
Quiconque veut fonder un état et lui donner des lois doit supposer d'avance les hommes méchants et toujours prêts à déployer ce caractère de méchanceté.
Il faut estimer comme un bien le moindre mal.
Un homme qui veut être parfaitement honnête au milieu de gens malhonnêtes ne peut manquer de périr tôt ou tard.
Les hommes sont si simples et si faibles que celui qui veut tromper trouve toujours des dupes.
Les princes doivent mettre sur le dos des autres les besognes désagréables et se réserver à eux-mêmes les agréables.
Quand il s'agit d'offenser un homme, il faut le faire de telle manière qu'on ne puisse redouter sa vengeance.
Jules César a dit que les Français, au prime abord, étaient plus que des hommes, mais pour finir, moins que des femmes.
Les bons conseils, d'où qu'ils viennent, il convient qu'ils naissent de la prudence du prince, et non la prudence du prince des bons conseils.
Chacun voit ce que tu parais, peu perçoivent ce que tu es.
Il y a deux manières de combattre : l'une avec les lois l'autre avec la force. La première est celle des hommes la seconde celle des bêtes. Mais comme très souvent la première ne suffit pas, il est besoin de recourir à la seconde.
Le mal doit se faire tout d'une fois : comme on a moins de temps pour y goûter, il offensera moins le bien doit se faire petit à petit afin qu'on le savoure mieux.
Si tu savais changer ton caractère quand les circonstances changent, ta fortune ne changerait point.