Œuvre

Le meilleur des mondes (1932)

Comme se serait amusant si l'on n'était pas obligé de songer au bonheur!
J'aimerais mieux être malheureux que de connaître cette espèce de bonheur faux et menteur.
A mesure que le temps s'écoule, ils s'apercevront, comme tous les hommes, que l'indépendance n'a pas été faite pour l'homme.
On ne peut être indépendant de Dieu que pendant qu'on a la jeunesse et la prospérité.
On croit en Dieu parce qu'on a été conditionné à croire en Dieu.
L'obstination est contraire à la nature, contraire à la vie. Les seules personnes parfaitement obstinées sont les morts.
Mais je n'en veux pas, du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché.
N'est-ce pas quelque chose, que de vivre dangereusement ?
Chacun appartient à tous les autres.
La révolution véritablement révolutionnaire se réalisera, non pas dans le monde extérieur, mais dans l'âme et la chair des êtres humains.
L'expérience, ce n'est pas ce qui arrive à quelqu'un, c'est ce que quelqu'un fait avec ce qui lui arrive.
Ce n'est pas seulement l'art qui est incompatible avec la stabilité. Il y a aussi la science. La vérité est une menace, et la science est un danger public. Nous sommes obligés de la tenir soigneusement enchainée et muselée.
Les gens sont heureux ils obtiennent ce qu'ils veulent, et ils ne veulent pas jamais ce qu'ils ne peuvent obtenir.
Des discours sur la liberté du sujet. La liberté de n'être bon à rien et d'être misérable. La liberté d'être une cheville ronde dans un trou carré.
Les plus grands triomphes, en matière de propagande, ont été accomplis, non pas en faisant quelque chose, mais en s'abstenant de faire. Grande est la vérité, mais plus grand encore, du point de vue pratique, est le silence au sujet de la vérité.
Ce que ces deux hommes avaient en commun, c'est la connaissance d'être des individus.
Chacun travaille pour tous les autres. Nous ne pouvons nous passer de personne.
Qu'est-ce que j'éprouverais si je le pouvais, si j'étais libre, si je n'étais pas asservi par mon conditionnement ?
Sous l'effet de la raillerie, il se sentait un paria, et se sentant un paria, il se conduisait comme tel, ce qui fortifiait le péjugé contre lui et intensifiait le mépris et l'hostilité qu'éveillaient ses défauts physiques.
Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté, je veux du péché.
Mieux vaut le sacrifice d'un seul que la corruption d'une quantité de gens.
Car les détails, comme chacun le sait, conduisent à la vertu et au bonheur les généralités sont, au point de vue intellectuel, des maux inévitables.
L'osait-il ? Osait-il profaner, de sa main la plus indigne qui fût, cette... Non, il n'osait point. L'oiseau était trop dangereux. Sa main retomba en arrière... Comme elle était belle ! Combien belle !
Il y avait quelque chose qui s'appelait la démocratie. Comme si les hommes étaient égaux autrement que physico-chimiquement ! ...
Vous vous souvenez tous, dit l'Administrateur, de sa voix forte et profonde, vous vous souvenez tous, je le suppose, de cette belle parole inspirée de Notre Ford : L'histoire, c'est de la blague. L'histoire, répéta-t-il lentement, c'est de la blague.