Œuvre

Le loup des steppes (1927)

La puissance et l'argent, le temps et le monde appartiennent aux petits aux mesquins, et les autres, les êtres humains véritables, n'ont rien, rien que la mort.
L'homme de pouvoir est détruit par le pouvoir, l'homme d'argent par l'argent, l'homme servile par la servilité, l'homme de plaisir par le plaisir. Ainsi le Loup des steppes fut-il détruit par sa liberté.
La vie, pensais-je, a forcément toujours raison au bout du compte si elle bafoue mes beaux rêves, c'est que ceux-ci étaient absurdes et injustifiés.
Or, pour le bourgeois, rien n'est plus précieux que le moi (un moi dont le degré de développement est en réalité rudimentaire).
Je crois que la lutte contre la mort, la volonté d'exister irraisonnée et tenace est l'impulsion qui fait vivre et agir tous les hommes remarquables.