Œuvre

Le livre de la vie (1973)

L'Amour n'est pas seulement un miracle, né d'une rencontre. - Il est jour après jour ce que l'on veut qu'il soit. - Il commence lorsqu'on préfère l'autre à soi-même, - Lorsqu'on l'accepte tel qu'il est et qu'on l'aime dans sa totalité. - Aimer c'est partager des mots, des regards, des espoirs et des craintes, - C'est vouloir que l'autre s'épanouisse. - Vivre d'abord fidèle à lui-même - L'amour n'est pas un acquis. - Il se construit chaque jour pour permettre le bonheur de l'autre, le bonheur des autres.
L'homme n'est rien quand son coeur est vide... La vérité d'un homme est en lui. Là est sa richesse. Là est sa force vrai.
Pour être en harmonie avec les autres, il faut être en harmonie avec soi.
Les mots et la parole ont une force insoupçonnée. Ils sont la tourmente ou la brise. La pluie qui dévaste ou l'eau qui irrigue.
L'homme, s'il le veut, peut combler les gouffres qui entourent sa route. Il peut toujours à côté d'un arbre mort, planter un arbre de vie. Mais, il faut qu'il veille. Qu'il ose regarder le danger et le dénoncer.
La recherche de la gloire, l'ambition, le goût du pouvoir et de l'autorité sont comme des plaies qui s'élargissent, des maladies rongeantes qui peu à peu détruisent la personnalité.
Aimer c'est en même temps partager des mots, des regards, des espoirs et des craintes.
Aimer, c'est réussir à donner à l'autre confiance en lui.
Il suffit parfois d'un mot, d'un regard, pour éviter l'irréparable. Ou le provoquer. Il faut être attentif aux autres. A leur appel silencieux.
Aider les autres, c'est encore la meilleure façon de s'aider soi-même.
L'homme peut être seul au milieu des autres. Mais celui qui est ouvert au monde, celui qui sait demeurer fraternel, celui qui est solidaire des autres, celui-là, même solitaire, n'est jamais seul.
Il suffit du regard d'un homme pour briser la solitude. Et ce regard viendra. Mais il faut d'abord croire qu'il existe.
Les parents sont la semence de l'enfant et la terre dans laquelle il pousse.
Chaque homme, chaque femme peut trouver en soi la force. En nous est une source puissante. Une énergie plus forte que celle de mille soleils. Mais qui connait cette source? Elle est cachée par les mauvaises herbes qui l'étouffent.
La parole, quand elle est vraie, peut aider, comme une main fraternelle.
Il n'est pire solitude que celle qui naît de l'indifférence des autres. Et chacun peut être victime un jour de l'indifférence et en souffrir. Alors pourquoi ne pas tendre la main à celui qui est seul?
Pour que deux êtres se rencontrent, pour qu'ils détruisent l'un par l'autre la solitude, il faut qu'ils partagent le même avenir.
Quand on renonce à aimer pour choisir ce que l'on croit être la sagesse, quand on oublie que la vie est un acte d'amour, un jour vient où l'on découvre que l'on a perdu. La vie ne se gagne que si l'on aime.
L'amour n'est jamais contrainte. Il est joie, liberté, force. Et c'est l'amour qui tue l'angoisse.
Pour être en harmonie avec les autres il faut être en harmonie avec soi, il faut que coule en soi, librement, joyeusement, cette source qui est à l'origine de notre être, de notre personnalité.
L'amour est vertu d'indulgence, de pardon et de respect de l'autre.
Les enfants, les oeuvres, les autres, le monde : voilà le soleil et l'eau qui font vivre l'amour.
Eduquer un enfant, c'est s'offrir à lui en exemple.
L'enfant n'a pas d'abord besoin d'objets. Il a faim des autres. Besoin de sentir à tout moment l'ombre protectrice, bienveillante, attentive, de ceux qui l'ont porté et voulu.
Donner à un enfant, c'est se donner soi. A tout moment. Alors il peut pousser droit, et ses racines seront profondes, fortes.