Œuvre

Le Droit à la paresse (1883)

Jéhovah... donna à ses adorateurs le suprême exemple de la paresse idéale; après six jours de travail, il se reposa pour l'éternité.
Une étrange folie possède les classes ouvrières. Cette folie est l'amour du travail, la passion furibonde du travail, poussée jusqu'à l'épuisement des forces vitales de l'individu et de sa progéniture.
Les socialistes révolutionnaires ont à recommencer le combat qu'ont combattu les philosophes et les pamphlétaires de la bourgeoisie; ils ont à démolir, dans les têtes de la classe appelée à l'action, les préjugés semés par la classe régnante.
Jéhovah, le dieu barbu et rébarbatif, donna à ses adorateurs le suprême exemple de la paresse idéale; après six jours de travail, il se repose pour l'éternité.
Notre époque est, dit-on, le siècle du travail; il est en effet le siècle de la douleur, de la misère et de la corruption.
O Paresse, mère des arts et des nobles vertus, sois le baume des angoisses humaines!
Le grand problème de la production capitaliste n'est plus de trouver des producteurs et de décupler leurs forces, mais de découvrir des consommateurs, d'exciter leurs appétits et de leur créer des besoins factices.
Notre époque est, dit-on, le siècle du travail il est en effet le siècle de la douleur, de la misère et de la corruption.
Pour forcer les capitalistes à perfectionner leurs machines de bois et de fers, il faut hausser les salaires et diminuer les heures de travail des machines de chaire et d'os. La preuve à l'appui ? C'est par centaine qu'on peut les fournir.
O idiots ! c'est parce que vous travaillez trop que l'outillage industriel se développe lentement.
Hardi ! Mes amis, montons à l'assaut de la morale et des théories sociales du capitalisme que notre critique démolisse les préjugés bourgeois, en attendant que notre action révolutionnaire bouleverse la propriété bourgeoise.