Œuvre

La Sagesse de la mer, du cap de la Colère au bout du monde, (2002)

Je pense à ce qu'a dit Ian Nicholson à propos du mal de mer et de ses deux stades: le premier, au cours duquel on pense qu'on va mourir, n'est rien à côté du second, au cours duquel on comprend qu'on ne va pas mourir.
Quoi qu'il en soit, il semble certain que la vie à bord d'un voilier révèle vite les manques et les limites en matière d'amitié et d'amour. Faire de la voile ensemble vous soude l'un à l'autre ou vous sépare pour de bon. Il n'y a pas de moyen terme.
Les humains, du moins ceux qui ne se soucient pas de régir la bonne et la mauvaise fortune des autres, ont en revanche cette qualité extrêmement précieuse et très énigmatique: repérer une vague différente des autres et et décider que tel ou tel phénomène constitue une exception à toutes les règles. C'est d'ailleurs ce qui a constitué le principal obstacle à l'implantation de l'intelligence artificielle dans les ordinateurs. Ceux-ci ne peuvent faire autrement que de suivre des règles, alors que l'être humain est capable de s'en écarter parfois, sans pour cela être fou.
L'individualisme généralisé fait qu'il n'y a pas suffisamment de solidarité, d'amour et d'amitié pour éviter les effets pervers de la liberté.