Œuvre
La Nuit du renard (1977)
Il laissa la cassette se dérouler jusqu'au meilleur moment et le fit passer et repasser. Il arrêta le magnétophone, retira l'écouteur, et s'endormit au son des sanglots de Jean Carfolli. Non... Je vous en supplie... non.
Il ne faut jamais juger les gens. Vous ne savez-pas quel chagrin les déchire au fonds d’eux-mêmes.
Une fois de plus, la Société va exercer un privilège récemment reconquis, le droit de tuer. Il y a près de deux cents ans, le philosophe français Voltaire écrivait: « Je ne propose pas sans doute l'encouragement du meurtre, mais le moyen de le punir sans un meurtre nouveau.»
J'ai appris une chose durant ces deux dernières journées. J’ai appris qu'aucun homme n'a le droit de déterminer l'heure de la mort de l’un de ses semblables.
Comment quelqu’un peut-il prétendre jouer le rôle de Dieu ?
Elle lui avait redonné le goût de vivre. Grâce à elle l'accablement et la douleur s'étaient peu à peu dissipés, comme fond la glace au dégel du printemps.
Livide, pitoyable, il hésitait comme le plongeur devant le saut qui le jettera dans un courant incontrôlable.
Il lui sembla qu'il avait autant de contrôle sur sa propre vie que l'un de ces flocons en avait sur sa destination finale… tomber, atterrir dans les buissons, sur l'herbe, ou dans la rue, fondre ou geler, être balayé, chassé, écrasé sous le pas des piétons.