Œuvre
La Maison de rendez-vous (1965)
Une chambre au décor vaguement oriental, à peine éclairée par de petites lampes dont les abat-jour diffusent çà et là une lumière rousse.
Les bras esquissant un mouvement ambigu d'adieu, ou de dédain, ou d'expectative.
Johnson vendait, dans les quartiers chinois du monde entier ... toutes sortes de remèdes, poisons, liqueurs de jeunesse, philtres d'amour, aphrodisiaques.
Les commentaires et suppositions sont allés bon train, assortis quelquefois de détails tout à fait saugrenus.
Une plante charnue avec des feuilles en forme de main qui s'avancent au-dessus de lui.
La voiture empêche de passer celles qui se trouvent derrière et qui déjà marquent leur impatience en donnant de petits coups d'avertisseurs.
Il ne s'apprête pas à tirer; le canon de son fusil, resté en bandoulière, dépasse derrière son épaule gauche.
Lauren est allongée sur le couvre-lit de fourrure, entre les quatre colonnes soutenant le ciel qui forme au-dessus d'elle comme un dais.
Le clou de la soirée est sans conteste un long monologue, joué par Lady Ava elle-même, seule en scène depuis le début jusqu'à la fin de l'acte.
Dans la salle du petit théâtre, quelques commentaires s'échangent alors, assez bas, sur un ton de bonne compagnie.
Un peu plus haut, la soie blanche de la jupe est fendue latéralement, laissant deviner le creux du genou et la cuisse.
Johnson se décide à monter dans un pousse-pousse rouge, dont le coussin collant de molesquine laisse échapper son crin moisi par une déchirure du triangle.
L'actrice est une jeune Japonaise que les habitués ne connaisent pas encore; elle excite par conséquent la curiosité du public.
Son corps est légèrement déhanché, reposant davantage sur la jambe droite, la gauche un peu fléchie et le genou ramené en avant par-dessus l'autre genou.
Dans le grand salon, Lady Ava est très entourée comme il se doit, par les invités qui, dès leur entrée, se dirigent d'abord vers elle pour la saluer.