Œuvre

La Comédie humaine (1842-1852)

Le sourire est l'apanage, la langue, l'expression de la maternité.
A Paris, la vertu la plus pure est l'objet des plus sales calomnies.
Le bonheur est une bulle de savon qui change de couleur comme l'iris et qui éclate quand on la touche.
La misère et l'infortune sont les séminaires des crimes.
Quand un homme est assez heureux pour avoir une belle-mère très bien conservée, il lui est facile de la tenir pendant un certain temps en échec, pour peu qu'il connaisse quelque jeune célibataire courageux.
Heureuse, elle eût été ravissante : le bonheur est la poésie des femmes, comme la toilette en est le fard.
Le malheur fait dans certaines âmes un vaste désert où retentit la voix de Dieu.
Le remords, cette vertu des faibles, ne l'atteignait pas. Le remords est une impuissance, il recommencera sa faute. Le repentir seul est une force, il termine tout.
Oh ! errer dans Paris ! adorable et délicieuse existence ! Flâner est une science, c’est la gastronomie de l’oeil.
Se promener, c’est végéter ; flâner, c’est vivre. La jeune et jolie femme, longtemps contemplée par des yeux ardents, serait encore bien plus recevable à prétendre un salaire que le rôtisseur qui demandait vingt sous au Limousin dont le nez, enflé à toutes voiles, aspirait de nourrissants parfums.
Flâner, c’est jouir, c’est recueillir des traits d’esprit, c’est admirer de sublimes tableaux de malheur, d’amour, de joie, des portraits gracieux ou grotesques ; c’est plonger ses regards au fond de mille existences : jeune, c’est tout désirer, tout posséder ; vieillard, c’est vivre de la vie des jeunes gens, c’est épouser leurs passions.